avant_dogonpage précédente:
Retrouver Alaye,
deux ans plus tard


 

 

 

Les premiers dessins de Alaye KÉNÉ ATÔ que j'ai découverts, des reproductions sur internet, étaient chargés de violence, de feu et de sang.

En bas de l'affiche présentée en page précédente, je vois la réalité de Alaye assumée maintenant par lui: l'accident originel, son amputation, la place centrale et bénéfique de la pierre à sacrifice dans sa vie qui tient à distance le traumatisme et son commerce apaisé avec les génies, à ses côtés derrière la pierre à sacrifice :

 

Quand j'ai fait sa connaissance, en janvier 2008, la plupart des dessins qu'il m'avait alors montrés avaient pour sujet le triangle [Génies/Pierre à sacrifice/Dogon] et ses très délicates inter-relations. (à voir dans l'album "Mali Alaye Kéné Atô, dessins" ) Aussi,  Alaye parlait beaucoup de son profond souhait d'être choisi un jour pour être Hogon (chef spirituel) et de ses efforts pour s'en montrer digne. Cela correspondait à une période rituelle où le village était sans Hogon. Les anciens n'avaient pas encore "capturé" celui qui succéderait au précédent, le propre père de Alaye, décédé depuis près de 2 ans.
Il m'avait présenté ses dessins de manière laconique : les génies, les pierres à sacrifice, les évènements représentés étaient juste nommés avec un air grave, absorbé.

Cette fois-ci, fin janvier 2010, les dessins foisonnent dans la mallette à trésor... Alaye a tellement de choses à en dire qu'après les premiers s'exclame : "Regarde, toi!... et mets de côté ceux que tu veux que je te raconte, je te dirai après. C'est trop long pour les faire tous."
Pendant que je trie, Alaye, assis à côté de moi, rit de bon coeur au passage de beaucoup d'entre eux, amusé par les situations qu'il a mises en scène...

mise en scène... oui, réellement car ce sont des petits contes, dont il donne un instantané final dans le dessin, mais dont l'histoire se déroule dans sa tête, un vrai film. Quand il raconte, il est toujours aussi absorbé, complètement dedans, comme happé, mais plus du tout grave. De l'humour s'est glissé là. Il termine beaucoup de ses histoires dans un éclat de rire.

Si les transactions autour de la pierre sont toujours présentes, je vois que le couple, la femme ont pris de plus en plus de place.

 

En pensant fortement à Alaye et son épouse, en voici un:

" La femme apporte de la bouillie de mil à son mari qui travaille aux champs.

Elle le trouve assis sous un arbre :

« Mon mari ..., tous les autres jours je te trouve en train de travailler dans les champs de mil et aujourd'hui, voilà que tu ne travailles pas comme les autres jours. Voilà que tu t'es assis à l'ombre d'un arbre. Que se passe-t-il ? Serais-tu malade ?

— Non, je ne suis pas malade. Mais le soleil tape très fort aujourd'hui. J'avais du mal à travailler et me suis mis à l'ombre.»

Mais en même temps, le Ômôlô-Shaytan s'approche de lui en secret et lui glisse à l'oreille : « Ta femme est bonne... Ne vois-tu pas que c'est une bonne personne ?... Tu dois te lever et te remettre à travailler pour elle car elle le mérite.» "

A voir la complicité qui unit Alaye et son épouse, les moments que Alaye passe assis près d'elle et le plaisir qu'ils prennent à discuter ensemble ... je rapproche ces inspirations nouvelles de ce que je lui ai entendu revendiquer ("c'est ma femme, elle seule!") et qui est écrit là: "...J'ai une seul femme..."

Vous pouvez retrouver ce dessin-conte avec 8 autres, à voir et lire dans l'album-photo : "Mali, Alaye contes dessins et mythes"


toutes les pages de ce carnet,                                         page suivante
cliquer dans l'icône ci-dessous :                                              Alaye
futur Hogon
retour_GPS_dogonbouton_suiteretour à l'accueil                  
retour accueil                




les PUBS!!!..... colère!

Les pubs ne sont pas voulues par Roots Voyage et retours
Ne plus les voir sur vos écrans ici comme ailleurs sur internet ?

SOLUTION (clic)