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Hombori Tondo,
point culminant du Mali




La Main de Fatima, Hombori

À quelques 3 ou 4 heures de bonne marche
du campement Kaga Tondo, de Hombori,
se dressent des aiguilles de ... grès, toujours !
C'est Garmi Tondo, la Main de Fatima.

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Lélélé n'est pas disponible pour nous accompagner.
Il a ce jour des clients pour les éléphants du Gourma...
Je regrette un peu d'abord ...
Mais finalement, avec le fidèle Oumar,
et parce-qu'il n'est pas vraiment familier de ce coin-là,
la balade va prendre des airs de vagabondage
tout en accords avec l'étendue de la plaine.

Vagabondage, mais non errance...
Impossible de se perdre.
À gauche, la courbe imaginée de la route,
plus ou moins proche.
Sous nos pas, devant, derrière...une savane arbustive
où le regard prend ses aises,
s'élance très loin sur la droite
jusqu'à effleurer la ligne de dunes,
s'accroche aux infimes mouvements
ou variations de rythme,
les petites silhouettes flottantes de peuls,
ou les huttes de paille en enclos familiaux.

... et devant, immuables ...

présence

... évanescentes et fantasmagoriques
dans les brumes de chaleur,
celles dont on se rapproche doucement.


Garmi Tondo, 600m de hauteur. 5 aiguilles, du nord au sud  : Suri Tondo, Wanderdu, Wangel Debridu, Kaga Tondo (la plus haute) et Kaga Pamari.

...et une histoire : Une jeune-fille partie chasser le pigeon avait, dans l'insouciance de ses printemps, perdu de vue qu'il ne faut pas siffler dans la montagne. Ça fâche les génies du coin. Elle a sifflé... elle est tombée. Il ne reste d'elle que sa main... à voir ICI


VAGABONDAGE

 

À la sortie du village de Hombori, les cases peules sont nombreuses. Organisées en véritables quartiers de pailles dont nous empruntons les ruelles. Bois liés et nattes, elles forment comme une lisière entre les maisons en banco du centre, plutôt songhaïs, et la plaine immense. Mais très vite, de construction plus sommaire, elles se raréfient, aperçues de loin en loin, îlots précaires posés sur une savane à moitié désertique.

Plaisir de la marche ...

Moment de pause à l'ombre d'un arbre. Je vois trois femmes venir vers nous de loin à travers la plaine. Leurs pas réguliers, sans hâte, font danser leurs silhouettes dans la chaleur, avec cette grâce si particulière que j'ai déjà remarquée chez les peuls. Arrivées près de nous, elles me demandent de l'argent, des médicaments, des moustiquaires, des vêtements, de la nourriture... Oumar traduit. Devant mon refus, elles se fâchent, s'indignent. Discussion houleuse entre elles et  Oumar : elles-mêmes nous ayant repérés de loin, elles sont persuadées qu'une blanche seule à pied, marchant d'un bon pas au beau milieu de la savane avec un seul accompagnateur noir ne peut être là que dans le cadre d'une mission humanitaire. Aussi elles ne comprennent pas pourquoi je ne veux pas les aider alors que j'ai donné à d'autres !? Pourquoi je refuse de faire quelque chose pour elles ?... Elles veulent leur part. Oumar réussit enfin à les convaincre, je suis simplement ce personnage exotique appelé "touriste"... Tout finit dans des sourires et je partage les quelques oranges que j'ai dans mon sac.

L'après-midi est déjà entamée,
nous voilà enfin au pied de Garmi Tondo.

au pied de la main de Fatima, Hombori

et là, décision qui m'étonne aujourd'hui,
je choisis de faire l'impasse sur la grimpette.
Ce jour-là, je suis ailleurs, fascinée par la savane.

Aussi, nous devons être chez Lélélé ce soir.
Plutôt que courir, je préfère les admirer,
ces aiguilles renommées,
et garder plus de temps pour le chemin du retour,
certaine que je suis alors de revenir ici un jour
pour tant d'envies que j'y laisse en suspens,
telles que passer par les villages,
me balader autour et dans les Tondos ...

Au retour, mon chemin suit d'abord une crête
d'où je surplombe vers le nord la plaine du Gourma

miniatures d'arbres sur la plaine du Gourma

tandis que Oumar préfère rester prudemment dans la plaine côté sud
pour ne pas lâcher son fil d'Ariane :
une parallèle imaginée à l'existence connue de la route...

 

Animisme ordinaire

La végétation est tellement clairsemée que malgré la distance, je ne peux perdre mon guide de vue... Je le vois donc quand il se baisse et ramasse quelque chose sur le sillon clair d'un petit chemin de sable... Redressé, l'objet dans sa main ouverte, il semble le regarder, perplexe. Enfin se remet en route...
  Plus loin, nos chemins convergent petit à petit et je le rejoins. Il m'attend, l'air soucieux, sa main en avant, prête à s'ouvrir pour me montrer. Mais juste quand j'arrive à sa hauteur, un écureuil décide alors de descendre sans se presser le long du tronc de l'arbre tout proche et de traverser en bondissant l'espace vide qui le sépare d'un arbre plus lointain sur lequel il saute et grimpe prestement... Le temps s'est comme arrêté pour Oumar qui n'a pas quitté l'animal des yeux. Et sourcils froncés, qui dit pour lui-même: "Il faut que j'aille au village"

Puis s'adressant à moi: "Il faut que j'aille au village. Qu'est-ce que ça veut dire ?... D'abord je trouve une pièce au-milieu du chemin, ensuite cet écureuil qui traverse devant moi... Je ne sais pas si c'est bon ou mauvais, il faut que j'aille au village dés que je rentre."

Le village, c'est Pelou, village Dogon sur le plateau de la falaise de Bandiagara, d'où est originaire son père et auquel Oumar se sent rattaché. La réponse à ses inquiétudes?... il n'y a que là qu'il peut la trouver, auprès du devin... et si c'est "mauvais", on lui dira alors ce qu'il doit faire... il suffira peut-être d'un poulet sacrifié...

 

 

Au puits, vers 17 heures

Un de ces moments magnifiques où l'on est tout à la beauté des images sans même envisager de faire une seule photo.
Au-milieu de nulle part, un puits... Autour du puits, contrastant avec la plate solitude et le silence environnants, c'est grande animation. On s'approche, on va refaire notre provision d'eau, on salue, on est salué, on reste à la lisière avec respect... La vie éclate là, explosion de couleurs, de lumineuse énergie, de gaîté... un ballet d'une harmonie telle qu'il semble que tous, hommes, femmes, jeunes enfants et bêtes, concourent à l'équilibre du tableau qu'on croirait mis en scène par un Léonard mâtiné d'un Eugène.
  Des bergers peuls venus faire boire leur troupeau accompagnés des femmes venues faire provision d'eau.
  On sent que les gestes et les séquences sont réglés depuis longtemps, le même rituel chaque jour. Les ânes d'abord, puis les moutons. Puiser est  cette fois le travail des hommes. Surmonté d'un tronc lisse horizontal, le puits est profond et assez large pour que trois hommes côte-à-côte puissent tirer de l'eau en même temps. Le corps passant d'un pied sur l'autre, brusquement renversé en arrière, puis basculé vers le puits, ils balancent chacun, d'un bras rayonnant, une épaisse et longue corde au-dessus du tronc-essieu. Au bout de chaque corde, une peau entière de mouton, nouée en cuvette, qu'ils remontent chargée d'eau pour l'aller verser trois pas plus loin dans deux abreuvoirs construits en retrait du puits. Pas de cassure dans les mouvements. Vivacité et souplesse. Les gestes s'enchaînent comme une danse, magnifiés par les larges et mobiles boubous flamboyants. Les outres se vident et se remplissent dans un rythme régulier, va-et-vient continu. On y sent du plaisir, les yeux sont gais, les voix joyeuses, les sourires fréquents.
  De l'autre côté du puits, un peu en biais, groupées, les femmes sont assises sur le sol. Mêlés à elles, des tout petits qui jouent ou dorment. Pré-ados et ados sont absents de la scène. Les  femmes discutent paisiblement. Foisonnement de couleurs vives... leurs habits, leurs voiles fins, les brins de laine qui décorent leurs coiffures et leurs boucles d'oreilles... et aussi les seaux et bassines de plastique bicolore si familiers, aux rayures jaunes, vertes, rose flashy, empilés au-milieu d'elles, en attente d'être remplis par les hommes. Les femmes ramèneront  sur leur tête ces récipients chargés d'eau.

Moment intense qui s'est gravé dans un coin de ma caboche...

* * * * *

De retour au campement le soir
... agréable repos sur la terrasse couverte,
pause thé et jeu de dés
après la douche au seau, avant le repas.

Demain matin, bus Sonef TV, "Nouvelle Génération"(sic)
Retour à Sévaré, Mopti...
Conformément aux usages Dogons
d'accompagnement au départ de ceux qui vous quittent,
Lélélé viendra avec nous à l'arrêt du bus
et nous tiendra chaleureusement compagnie une bonne heure,
jusqu'à ce qu'il nous ait vus enfin embarquer et partir.

Puis ce sera 2 jours plus tard
Bamako avec Bani Transport.
C'est la fin du voyage pour moi...

pour cette fois.


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