dimanche 8 mars 2009
MOPTI... Une ville gagnée sur les eaux
page précédente
"Bus bourrin, taxi flegmatique, hôtel rêveur..."
Une ville qui vous happe ou vous repousse ...
à 650 km de BAMAKO, sur le NIGER,
là où le fleuve BANI le rejoint sur rive droite,
c'est un agglomérat d'îlots dans une région de marécages,
pour une grande part convertis maintenant en rizières.
MOPTI a d'abord été un village de pêcheurs BOZOS
"les Maîtres des Eaux"

prenez donc le temps : clic! dans photos = grande photos = ambiance
Moi, je me suis laissée happer ...
Les BOZOS utilisaient naturellement
leurs pirogues ou pinasses
pour passer d'un îlot à l'autre ...
Les digues sont récentes, début du XXème s.
Celles pour piétons, abondamment foulées,
ont une beauté émouvante.
Les digues!...
On me dit d'abord :
"Ce sont les français qui ont fait la digue de 12Km
qui va de SEVARE à MOPTI, c'est vrai!... les français !!"
... Puis on me parle des souffrances des maliens,
qui ont été réquisitionnés, qui ont travaillé dur,
très dur et pas payés! et que certains y sont morts...
Malgré tout, on me donne cette info comme un cadeau
pour que je puisse être fière d'être française
car, sans eux, sans les français ...
"on peut pas aller en voiture entre Mopti et Sévaré"
La construction de cette digue, une vraie route, a commencé en 1905 pour s'achever en 1922. C'est dire l'ampleur du chantier car la main d'oeuvre ne manquait pas.(jusqu'en 1958, date de son accès à l'indépendance, le MALI fait partie du SOUDAN Français).
Allez, trois mots d'histoire (un extrait d'une page à consulter en totalité ICI ):
"D'un campement de pêcheurs bozo, El Hadji Oumar fit au milieu du XIXe siècle la base arrière de ses troupes guerroyant dans le Macina. Successeur du conquérant musulman, le roi Ahmadou voulu qu'elle fût la ville de la paix et du rassemblement des peuples de son royaume et M'opte, mot qui signifie en peul « le regroupement», deviendra Mopti. La ville remplira alors très vite le rôle d'un creuset de civilisation mais aussi celui d'un centre d'échanges où se rencontrent le piroguier venu du sud et le chamelier descendu du désert. Ayant pris la relève de Djenné, carrefour commercial des siècles médiévaux, Mopti stockait le sel et faisait sécher le poisson pour les troquer contre la noix de kola, le mil et le riz."
C'est sous la colonisation que MOPTI s'est transformée en important port de commerce (sujet et photos dans post suivant). En devenant le pôle central des échanges fluviaux entre le nord et le sud, MOPTI s'est retrouvée en un siècle, par le fait d'une immigration interne, la 3ème ville du MALI, derrière BAMAKO et KAYES...
Ce brassage intense et récent est sans doute ce qui a généré ce que j'ai ressenti à MOPTI comme une vitalité particulière, une sensation de liberté stimulante qui vous charge d'énergie et vous met le moral au beau fixe... Je range cette ville dans ma liste intime de ces lieux bénis où, en voyage, je me retrouve soudainement "comme un poisson dans l'eau"...
Je n'ai jamais eu le sentiment d'y être dans une grande ville ... sans doute du fait que chaque îlot a son identité propre.
La mosquée de Komoguel,
un quartier de maisons en banco avec terrasses,
de rues étroites, résidentielles,
mais toujours liées aux fleuves.
Vie quotidienne et balade encore calme ...
c'est encor' vrai...clic/photo, c'est bien mieux!
... en contraste avec l'effervescence du port ... à suivre
Pour voir tous les messages
de cette catégorie,
cliquer sur cette icône:
retour à l'accueil suite
MOPTI, Le port




































