dimanche 15 mars 2009

oui... ça aussi...

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Les potières de KALABOUGOU

 

 

hygiène du petit matin MALI

 


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samedi 14 mars 2009

Mali. Le temps du thé... pour Nadjla et les Saharaouis

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oui... ça aussi

 

 

 

Histoire sensible...

à Ségou, j'ai écrit aux amis :

Mes journées passent doucement... quand bien même je voudrais en accélérer le rythme, je n'y parviendrais pas. Il faut déjà compter avec les invitations à boire le thé qu'il est impossible de refuser.

Le thé se fait longuement bouillir dans de minuscules théières jusqu'à avoir la consistance d'un sirop. Servi dans des verres minuscules, le même thé va faire trois services, donc trois fois la même théière mise à bouillir avec la même patience en rajoutant sur ce thé de l'eau et du sucre à chaque tour. Le goût passe de très amer au 1er tour à sucrerie pure au troisième.
Une préparation qui se fait avec un maximum de sérieux, à même le sol, sur le bord des routes... et il est inconcevable, quand quelqu'un a "branché" un thé de s'en aller entre le premier et le deuxième tour. Le troisième peut éventuellement, et avec une excuse convaincante, être refusé. Comme il peut toujours se trouver quelqu'un pour brancher un thé en remerciement de celui qui vient d'être bu... les "on y va" ressemblent plus à des incantations qu'à des prises de décisions.

D'ailleurs, pour ne pas être toujours l'invitée et pouvoir inviter moi-même, j'ai fini par me résoudre à trimballer aussi avec moi la boîte de thé, taille petite boîte d'allumettes, et le petit sachet de sucre qui s'achètent au coin des rues...

en retour de ce message, j'ai eu ceci que je partage avec vous...

De NADJLA :
(Nadjla est Sahraouie exilée, fille de réfugié politique, elle a grandi dans les éprouvants camps d'Algérie et vit maintenant en Espagne, avec la nostalgie d'une patrie qui lui est interdite)

"J'ai pas pu m'empêcher de t'envoyer ce mail, mais il le fallait absolument pour t'informer que tu viens d'envoyer un message en expliquant exactement et par détails, le même rituel du thé sahraoui. Preuve, encore une fois, de nos origines Africaines. Et ça ne serait pas du tout surprenant dire  que le thé se fait exactement de  la même manière que tu viens d'expliquer au Sahara Occidental, Mauritanie, sud algérien, sud tunisien, Mali....et même peut-être plus au sud.

Mais c'est vraiment le même et exact rituel pour faire le thé, en commençant par la vaisselle, car il est inconcevable faire le thé que dans la minuscule théière, pour ainsi reprendre ton expression, et les minuscules verres ... et j'ajoute ici un petit commentaire : la grande théière et les grands verres qu'on utilise plus au nord en Afrique, au Maroc, Algérie... font l'objet des blagues chez les Sahraouis.
En passant par la même façon de le faire, et en  terminant par les mêmes façons de procéder et faire: il est pas poli d'en refuser, de se lever avant d'en avoir bu les trois verres... etc.

Il faut comprendre que le thé représente dans ces cultures plus qu'une simple boisson, il est tout un symbole culturel, un point de rencontre pour conclure et décider beaucoup de choses, des contrats...de vente, de mariage....des accords....des reconciliations...
Mais surtout, le thé dans ces cultures est la meilleure chose pour inviter et offrir l'hospitalité, c'est pour cela il est pas conseillé d'en refuser.

Je vais te demander de te renseigner pour savoir si chez eux aussi, donnent des significations aux verres comme chez les Sahraouis.

En effet, les Sahraouis donnent les significations suivantes significations selon le goût du verre:

le premier verre est amer comme la vie.
le deuxième est doux comme la mort.
le troisième est sucré comme l'amour."
..............

 

Puis j'ai reçu ceci, de Thouraya, tunisienne pour qui étudier, et elle s'est battue pour, est la garantie de sa liberté :

"Tu sais, j'étais très contente de voir Nadjla sur ta liste de contacts...mais la lire à travers toi m'a beaucoup émue, car même si tu n'es pas passée par chez elle, le Sahara Occidental, tu l'as quand même emmenée vers chez elle et c'est pour ça que je répète ce que je t'ai déjà dit : tes contes me font voyager, nous emmène tous quelque part... alors, s'il te plait, n'arrête pas!"

... Alors non, tant que j'aurai le bonheur d'avoir de tels retours, je n'arrêterai pas... J'étais à Ségou quand j'ai reçu ces messages... Thouraya à Bordeaux, à l'université et... Nadjla à Barcelone, les siens en Algérie et son coeur au Sahara. Nadjla a maintenant un vrai passeport espagnol, elle peut circuler librement en Europe, aller aux États-Unis... mais en tant que Sahraouie, pas dans les pays arabes... bien sûr, le mot "Sahraouie" n'apparait évidemment pas sur son passeport espagnol qui paraît semblable aux autres... c'est le numéro qui les trahit, j'ai appris ça avec elle.

 

... et pour répondre à la question de Nadjla... Sacrés maliens!... ceux qui les connaissent se doutent bien qu'ils n'ont pas pu garder la dureté des sentences sahraouis, ils les ont triturées plus conformes à leur tempérament :
Le premier thé est amer comme la mort.
Le second est doux comme la vie.
Le troisième est sucré comme l'amour
Il faut leur pardonner, Nadjla, un malien ne peut se résoudre à considérer que la vie, aussi dure soit-elle, soit amère....

Lélélé, à Hombori, à qui, naïvement, j'essayais autour d'un thé de faire comprendre la logique des termes sahraouis exprimant les souffrances de leur peuple et que la mort puisse parfois être vue comme une délivrance, m'a écoutée avec patience, puis a conclu : "oui, peut-être..." s'est levé, cramponné à son interprétation : "chacun est libre de ses opinions" et, désapprobateur quoique souriant, m'a plantée là.

 


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vendredi 13 mars 2009

Mali-Ségou ... Dépannage sur le Niger et jardins de salades

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Mali ... le temps du thé

 

à la mi-journée, certains jours, pause farniente

j'aime bien la terrasse du restaurant KAMALEBON
au bord du fleuve en remontant vers l'amont

Chargement d'une pinasse omnibus SÉGOU Mali
bon!... comme toujours, clic! dans photos = photos+grandes

J'y prends le soleil, mange italien
bois du VRAI café

et   b a d e . . .

Pêcheurs du Niger SÉGOU Mali

...

ce jour, samedi 29 décembre, j'assiste en direct à...

panne au-milieu du Niger SÉGOU Mali

... Service Solidarité Dépannage Maïga

Une pinasse est tombée en panne au-milieu du fleuve
une toute petite vient aux nouvelles et repart chercher de l'aide...

C'est là qu'intervient Super Amadou Maïga
avec sa petite pinasse touristique...

Il va arrimer le tout et...
On va pas se laisser avoir par l'adversité!
Je vous dis, moi,que panne ou pas panne,
cette pinasse va finir la traversée à peine commencée...
avec tous ses passagers!
...

pinasse secourue sur le Niger 1 SÉGOU Malipinasse secourue sur le Niger 2 SÉGOU Malipinasse secourue sur le Niger 3 SÉGOU Mali
pinasse secourue sur le Niger 4 SÉGOU Malipinasse secourue sur le Niger 5 SÉGOU Malipinasse secourue sur le Niger 6 SÉGOU Mali
pinasse secourue sur le Niger 7 SÉGOU Malipinasse secourue sur le Niger 8 SÉGOU Malipinasse secourue sur le Niger 9 SÉGOU Mali

 ... et voilà!
à ce soir, Amadou...

tsss.... soyez pas fainéants!...
cliquez donc dans fotos, elles vous le rendront bien

Après le repas, j'irai voir la fabrique de bogolans
qui se trouve tout près, on en parle plus loin...

et poursuite de la balade le long des rives

les jeux des enfants...

rue ombragée SÉGOU Mali

à droite de cette rue, au bord du fleuve, des jardins

aménagés de telle façon qu'ils soient protégés du vent
et retiennent au maximum l'eau d'arrosage...

des carrés en creux bordés de petites digues...

des nattes pour clôtures
zébument pratiques pour mettre le linge à sécher...

Jardins des rives du Niger SÉGOU MaliMaïs et salades Jardins des bords du Niger SÉGOU Mali
Techniques de culture Sahélienne SÉGOU MaliFraîcheur préservée Jardins SÉGOU Mali

 Pour voir, cliquer dans chaque image

Jardins que l'on retrouvera en aval, toujours rives droite vers Ségoukoro, vieux Ségou, où je vous emmène dans le message suivant...


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jeudi 12 mars 2009

Mali.... Ségou le vieux

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Mali Ségou
Dépannage sur le Niger

 

 

 

Ségou le vieux ou... SEGOUKORO

à 10 ou 15 km de Ségou

 

clic dans fotos = fotos plus grandes

On y va pour cette mosquée...

dessin de la Mosquée de SÉGOUKORO Mali d'argile rouge rouge rouge... banco charnel

drôle de construction aux proportions bizarres, avec un escalier extérieur trois fois trop grand pour elle...
comme bâtie sur une scène

j'y vois pour la première fois les oeufs d'autruche en haut des pignons ou du minaret... j'ai pas fini de les voir... dans d'autres mosquées, notamment celle de Djenné... symbole de vie?...


On y va pour son histoire : Ségou a été la capitale d'un empire Bambara important. La tombe de son roi le plus renommé, Biton Mamary Coulibaly, se trouve dans ce village. La mosquée rouge a été construite en l'honneur de sa mère.

On y va pour sa légende... il y a, vrai de vrai, je vous assure, 4 444 balanzans à Ségou... mais encore plus vrai, il y a à Ségoukoro le 4 445ème balanzan, que personne ne peut voir, ni trouver...qui se cache, tout petit rabougri, tout bossu, dans un coin ignoré de tous. Chut... C'est un secret...
(la récupération de) la légende : 4000 symboliserait l'armée, 400 l'armée des citoyens, 40 l'Etat et 4 la cour... et le balanzan bossu serait le secret établi entre le chef de l'état et un citoyen (d'après MaliWeb)

Balanzans ? ce sont de grands arbres, (nom savant : Acacia Albida)feuillage dense qui pousse providentiellement à la saison sèche, et fruits qui nourrissent les chèvres...que du bon!

et moi, j'y suis allée sur la moto du jeune Mamadou, pour 5000 Fcfa, il a bien voulu faire pour moi le taxi et le guide... à peine assez de français pour m'expliquer l'essentiel mais tout en gentillesse, patience et disponibilité.


SÉGOUKORO Mali village de banco rouge

...et donc, le temps
pour moi...

Porte chicane d'une mosquée à SÉGOUKORO MaliImage dérobée cour de mosquée à SÉGOUKORO Mali

mur de banco Mali

...et retrouver à Ségoukoro
les bords du Niger...

 

 

...des arbres qui marchent    

Balanzans aux racines aériennes 1 SÉGOUKORO MaliBalanzans aux racines aériennes 2 SÉGOUKORO Mali

Groupe d'enfants SÉGOUKORO Mali  Vus...Vue!


et les jardins


Cultures maraîchères 1 SÉGOUKORO MaliCultures maraîchères 2 SÉGOUKORO Mali
Cultures maraîchères 3 SÉGOUKORO Mali

la vie...

 

arrosage manuel Maraîchers de SÉGOUKORO Mali

clic! sur photos pour agrandir



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mercredi 11 mars 2009

Mali... la fabrique du BOGOLAN

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SÉGOU le Vieux
ou SÉGOUKORO, Mali

 

Hey!... est-ce que je vous ai dit que clic dans photos = photos plus grandes ?
N'hésitez pas à cliquer, vous y gagnerez beaucoup ...

 

Chaudrons qui fermentent à petites bulles...
chaudrons qui bouillent à gros bouillons...

C'est la marmite...
     du diable...?
           des sorciers...?

                des créateurs de BOGOLAN

Boue du Niger fermentée BOGOLAN Maliboue du niger
fermentation...
        pour les détourages noirs

Décoction feuilles de N'GALAMA bogolan Malià gauche,
Décoction de feuilles de N'galama,
un bouleau d'Afrique
pour la base ocre jaune et la fixation des teintes

BOGOLAN décoction racines de raisinier Mali   





décoction de racines de n'péku
ou raisinier 
pour la couleur rouge 

Qui bout et rebout  
des heures et des heures

 

en premier
trempage de base
dans la décoction de N'galama
séchage au soleil
et recommencer jusqu'à avoir la nuance souhaitée

en deux,
dessins avec la boue du Niger
main levée ou pochoir
réaction chimique avec le N'galama
beau noir brun
lavage eau pure
séchage soleil...
et reprendre autant de fois que nécessaire
jusqu'au noir profond

en trois, quatre, cinq....
  les autres couleurs
de l'orangé au rouge en passant par des marrons
obtenus par mélanges
sur la base de la décoction de n'péku
en utilisant boue ou n'galama
et trempages-séchages successifs

et en dernier...
les réserves de blanc...
utilisation d'un mélange savon-eau de javel

BOGOLAN réserves blanches Mali


BOGOLAN technique de réserve des blancs Mali


et voilà le travail ...
pas mal!...

Bogolan de SÉGOU Mali


le support : tissu de coton pur, filé au fuseau et tissé artisanalement

Métier à tisser large Bogolan MaliTissage de coton écru pour BOGOLAN Mali

Dans cet atelier, on tisse de grandes largeurs...
innovations... 

libertés prises également avec les motifs traditionnels qui étaient jusqu'à récemment très codifiés.

Le métier traditionnel n'a pas plus de 20cm de large... j'en ai vu pas mal en pays dogon, où des hommes tissent dehors sur ces petits métiers rudimentaires des bandes étroites de coton écru sur des longueurs d'une trentaine de mètres. Vêtement traditionnel Dogon MaliCe sont les femmes qui ont filé le coton utilisé. On assemble ensuite ces bandes pour faire les vêtements, les couvertures et ... les linceuls.

 

vêtement traditionnel dogon 

fait dans ces bandes assemblées 

ici, teinture indigo 

 

Dans l'atelier que j'ai visité à Ségou, créé par deux jeunes frères (l'un est plus gestionnaire et relations publiques, et l'autre, créateur et inventeur de motifs), on retrouve le métier à tisser traditionnel, légèrement amélioré et utilisé avec inventivité...

métier à tisser étroit traditionnel pour le BOGOLAN Mali

 

fibres tissées dans la trame

tissage innovant coton et fibres Mali

Cet atelier se trouve sur la rive du Niger à Ségou, après le restaurant Kamalebon, dans une très belle et grande construction en banco rouge (imaginée et construite par les deux frères). Pour 500Fcfa, on peut visiter et voir toutes les étapes de la fabrication, du tissage jusqu'au magasin-exposition et réaliser (en accéléré) une petite pièce au pochoir.

Vous voudriez bien des explications plus pointues sur cette technique?... je vous propose d'aller jeter un oeil là-dessous :

"la réalisation des bogolans traditionnels" : carnets de travail de Benoit FRAY


pendentif d'os teints dans la technique du bogolan MaliA BAMAKO, à mon retour, dans le marché des artisans, assez excentré, je suis tombée, dans une allée, sur un papy accroupi par terre devant sa boutique occupé à scier avec une scie minuscule des petits os longs, blanchis... stop!...dans sa minuscule boutique, dans des panières, des centaines de perles de toutes tailles, en os, décorées par un procédé détourné du bogolan. Les mêmes bases de teintes, la même idée de réserves, obtenues ici par des bouts de scotch... motifs, jeu des rayures et sur les perles les plus grosses, des figures symboliques Dogon... trop bien!... j'adore... lui en achète plein, et fais avec, arrivée en France, le bonheur des amies....

 

Ah... je vous ai pas dit ?...

BOGO = boue, LAN = fait avec...

donc, BOGOLAN

 


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mardi 10 mars 2009

Salif MAÏGA est SONGHAÏ

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La fabrique du Bogolan
SÉGOU Mali

 

 

ETHNIES, PEUPLES, GROUPES
APPARTENANCE à... ?
une affaire sérieuse au Mali

posté le 27/03/09

Mon dieu!... les foudres du ciel sur moi!...
j'ai fait un lapsus dans une page précédente!...
voilà-t-y pas que j'avais malencontreusement
rattaché la famille MAÏGA à l'ethnie Bambara !...


honte à moi!!!...

OUF!... un revendiqué nomade, "citoyen de la planète terre", m'a remise sur les rails, c'est paradoxal, par forum interposé (voyageforum),

oups...

MAÏGA est un nom SONGHAÏ !

au Mali, tout le monde le sait !!!... il faut rectifier ça tout-de-suite, avant que l'un d'entre les MAÏGA ne le voit...

... Voilà un truc que j'avais
pourtant bien compris, Salif MAÏGA est SONGHAÏ!...


banni_re_ethniesportraits

 

Je l'ai su dés le premier soir (voir "je campe à Ségou"et "Kala, mon 1er campement"), à mon arrivée chez lui...

Amadou, venu me chercher à la gare des bus de SEGOU en l'absence de son frère Salif, m'avait pourtant bien raconté leur parcours, à la nuit tombée, sous l'auvent, en partageant son repas de capitaines avec moi (capitaine: LE poisson).

Sûr que j'avais bien noté son insistance à se revendiquer SONGHAÏ, venu de plus au nord, de la région de Tombouctou, car les Songhaï, sais-tu, n'ont pas peur de partir loin ... d'ailleurs lui,il a vécu un paquet d'années au Burkina Faso, qu'il a parcouru en tous sens, ainsi que des tas d'autres pays, pour faire du commerce,... les frontières?... pas d'problème !... car, je dois le savoir, un songhaï est malin et débrouillard... et diplomate.... et savoureuses anecdotes à l'appui dans la nuit avancée ...


et sûr que j'avais bien noté la fierté que l'on a à être Songhaï...

et qu'on ne voudrait pour rien au monde être assimilé aux bambaras bien que résidant au beau milieu de leur région-berceau.

Salif lui-même revendique son appartenance Songhaï assez souvent...


µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

 

Une des filles de Salif me demande innocemment dans un grand sourire:

"Comment tu trouves, COULIBALY ?... tu trouves que c'est joli?... ça te plaît?..."


pour ajouter tout-de-suite après en tordant le nez :

"moi, j'aime pas!... c'est pas bien!... ici, il y en a partout... nous, on dit Coulibaly pour se moquer!..."


et m'en fait la démonstration tout-de-suite, pliée de rire, en pointant son doigt sur chacun de nous, dont sa soeur ...

"Coulibaly!...Coulibaly!"...
... qui ne trouve effectivement pas ça plaisant... toute fâchée, poursuit la moqueuse et lui donne des taloches...


... ce jour où Salif m'explique pourquoi il a donné le nom de COULIBALY à l'enfant trouvé abandonné, à moitié mort, derrière chez lui, qu'il a recueilli et qui ne connaît pas son nom de famille ... car il ne désespère pas de trouver ses parents, dont il se dit, si l'enfant est de la région, qu'ils sont plus probablement Bambara qu'autres, et qu'il faut respecter cela, d'où le choix de ce nom.

Car SALIF est un vieux monsieur...
VIEUX, dans le sens qu'on lui donne en Afrique : SAGE

... tous ces enfants vivent ensemble et sont compagnons de jeux.

enfants_liés

 

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

 

MATHIA COULIBALY est BAMBARA,


descendant direct de Biton COULIBALY
célèbre Roi de l'empire BAMBARA de SEGOU


Sûr que j'ai noté la fierté que l'on a à être Bambara ... et à se nommer COULIBALY.

 

ethnies_silh3ethnies_silhouettes5pour_ethnies_silh1etnies6etnies2ethnies_silhouettes4

 

 Je l'avais compris dés notre première rencontre, sur les quais de MOPTI... J'avais fait demi-tour vers lui pour le remercier d'une attitude qui m'avait étonnée et qui me témoignait du respect. Il a égrené sa généalogie pour se présenter.

Car, juste avant, j'avais saisi son exigence de dignité pour lui et pour les autres, alors que, rentrant de sa journée de travail, sans se faire remarquer ni élever la voix, il avait arrêté dans mon dos l'ado qui m'avait lancé un joyeux "bonjour!... Madame Tranquille!"... avait pris le temps de lui dire quelques mots... et me voilà cet ado, tout penaud devant moi, désolé d'avoir pu par ignorance me blesser et me présentant ses excuses avec humilité...

("bonjour, Madame- Monsieur tranquille"... savoir qu'on l'entend dans les villes assez souvent quand on est toubabou... on débranche!)

car Mathia est un vieux monsieur,
VIEUX comme on l'entend en Afrique, c'est-à-dire SAGE... il est responsable de ce dont il est témoin et croit en la force du mot ...

MATHIA est BAMBARA

... et ne voudrait pour rien au monde être pris pour autre quelqu'un qu'un BAMBARA ... même s'il s'est éloigné de ses racines en s'installant à MOPTI où il est patron, associé à d'autres membres de sa famille, de la Compagnie Fluviale SOCO, d'énormes pinasses marchandes qui font le lien entre tous, tout et partout sur le NIGER.

Sûr que je l'ai noté quand il m'a invitée, quelques jours après, à boire chez lui le thé... mais pas le thé des fainéants, ah, non!... pas le thé bouffeur de temps prétexte à rien faire qu'on met trois fois à chauffer dans une théière où il n'y a rien à boire, un thé qui n'est même pas d'ici, qui n'existait pas avant, personne ne le faisait avant au Mali ... sauf vraiment tout au nord, près de la Mauritanie, les touaregs... Avant, on faisait dans TOUT le Mali le thé BAMBARA, en une seule fois, une bonne fois, dans une grande théière, avec de la verveine, de la cardamone et des épices... c'est celui-là qu'il va me faire goûter et je vais voir, je vais l'aimer !... l'autre thé (voir "le temps du thé"), il ne le fait pas.

J'ai aimé, j'ai aussi aimé le moment sur sa terrasse près de la mosquée ancienne ... et les histoires... et l'histoire... et son amour des arbres...

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

OUMAR TEMBELY est DOGON

et sûr que j'ai bien noté la fierté qu'on a à être DOGON... et qu'on ne peut les confondre avec les autres maliens ... car les DOGONS sont un peuple à part, très différent, rien de commun... et unis et solidaires!... avec cette règle que le groupe doit calquer son pas sur celui du plus faible car personne ne doit rester en chemin, question d'honneur.

Artistes, tisserans, forgerons et agriculteurs... mais pas bergers!...
Berger, c'est le travail des PEULS...  mais ces peuls-là, tu ne sais pas comment ils sont riches, ils le montrent pas mais ils sont très très riches : ils prennent des zébus pour garder les troupeaux et ils finissent par en avoir beaucoup, plus que les dogons...tu as vu les bijoux de leurs femmes?...

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ


BARRY est un nom PEUL
et Ali Barry est de mère DOGON,
grandi en pays Dogon
mais ne se reconnaît pas
dans les croyances animistes Dogon
partagées par sa famille.
Directeur du collège de SANGHA,
il considère le non-accès aux livres
un "crime contre l'humanité"...

Où se situe-t-il lui-même ?

 

 

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

Songhaï Bambara Touareg Bobo Dogon Peul Bozo ...

Une appartenance au groupe est vécue comme essentielle
(j'avais remarqué en pays Dogon : à la question "comment tu t'appelles?"... la réponse est le nom de famille, sans même le prénom. D'une part, l'individu ne se met pas en avant, il fait d'abord partie d'une famille et d'autre part, avec son nom de famille, on sait le situer, et le situer est important dans la vie sociale, d'aprés ce que m'a expliqué Oumar).

Témoin extérieur, j'ai vu les tiraillements respect-ouverture-tolérance-intolérance-acceptation-coopération-mépris comme des va-et-vient communs à tous, associés à cette grande fierté d'être de cette ethnie-là et pas d'une autre, le sentiment d'appartenir à LA communauté aboutie et supérieure à toutes les autres...

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

 

 

... et les hors-classes?
on en fait quoi?

 

... pour illustrer cette situation, un exemple, emprunté à Hery/Herbert, allemand, africaniste...(son message du 16/03 sur le forum pré-cité, avec son autorisation et je l'en remercie):

extraits : "...de nos jours, la situation se révèle beaucoup plus complexe (...)

Un exemple : mon professeur de bambara s'appelle Diallo, né et grandi en plein milieu bambara de Ségou (...), aujourd'hui domicilié à Bamako. (...)Il ne parle aucun mot peul. (...) (... M. Diallo est linguiste, maître de conférence à l'université de Bamako mais il parle une seule langue africaine, le bambara ; à Mopti, on rencontre de nombreux commerçants et autres qui parlent à la perfection cinq, six, sept langues (...))...

DIALLO est un patronyme peul, un clan qui s'est séparé d'un des quatre clans archaïques Peul, les Jall (...)

(...)j'ai essayé de parler avec lui de ce sujet : en vain, il n'a accepté aucune fulanity [appartenance au groupe peul] relativement à sa personne ni sa famille. Zéro. "je suis bamananké, homme bambara". Point!

(...)Un Diallo ou Sibide de la deuxième ou troisième génération, né à Bamako, vivant en dehors du milieu peul et ne maîtrisant pas la complexe langue [peule], est-il encore un [Peul]?!

Dans la perspective des [peuls]du Massina, un Peul ne suivant plus leur "way of life" (Kaasa en peul), n'est considéré l'un des leurs que partiellement.
On le méprise, parce-qu'il ne parle plus le peul mais le bambara et est donc compté parmi les "Noirs"... Ils se voient eux-mêmes comme"Rouges"...
De plus, les peuls parlent souvent et en général avec mépris d'autres groupes ethniques du Mali et ailleurs,(...). Ils les considèrent comme haabe (au singulier kaado).
Kaado veut dire a. Dogon
                           b. Africain non-peul (=médiocre, au sens de "barbare")
                           c. païen ou idolâtre..."

µµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµµ

et pour clore mon chapître,
et quand bien même nous parlons ici
de groupes ethniques et non de races
je pique encore à Herbert :

"les races existent dans les têtes
de ceux et celles qui VEULENT penser en ces catégories
pour se démarquer consciemment d'autres hommes..."

et livre le tout à votre réflexion


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lundi 9 mars 2009

Il y a un enfant mort dans les herbes

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Salif MAÏGA
est SONGHAI

enf

A Bamako, dés mes premiers jours au Mali, j'avais rencontré ces troupes d'enfants mendiants sous couvert de religion, au profit d'un marabout censé veiller sur eux et les instruire... Aux feux, aux carrefours, ils se cramponnent en grappe aux portières des Sotroma, présence insistante, en psalmodiant d'un air implorant, regard vide... J'avais été frappée de leur grand nombre et leur omniprésence... frappée également par leur état physique et la jeunesse de certains...

Ce phénomène se retrouve au Sénégal, en Mauritanie, au Burkina Faso, en Guinée...

Si vous êtes curieux, tapez "Talibés" ou "enfants mendiants" dans votre moteur de recherche préféré...


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