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"GPS ... du côté de SEGOU"

 

 

 

Tout au long du voyage,les images s'accumulent, les expériences aussi. De nouveaux évènements prennent la place des plus anciens. C'est éminemment enrichissant.
Mais régler les petits problèmes d'intendance contribue grandement à repousser les frontières qui enserrent votre esprit... ça vous met de l'intérieur en contact avec des manières d'être, de percevoir ou de penser que vous n'aviez pas jusque là envisagées.

 

Bus pour MOPTI et le Delta Intérieur du NIGER ...

Mardi 1er Janvier 2008... Au matin, sous un soleil de plomb, j'ai pris un bus pour MOPTI. C'est Mamadou, mon accompagnateur à Ségou le Vieux, qui s'est gentiment proposé pour m'amener à la gare "BINKE Transports", excentrée, sur sa petite moto... Mon gros sac calé par les jambes du chauffeur, mon petit sac sur le dos, en route ...

Motos, mobylettes, en plus ou moins bon état, des moyens de déplacement qui se sont banalisés aussi pour moi maintenant... Oups! La prise de distance avec nos normes de sécurité européennes également !... à Dieu va!... (ou comment comprendre le fatalisme de l'intérieur).

carte Ségou à Mopti MALIroute Ségou à Mopti

La compagnie BINKE Transports s'est posé un défi : la satisfaction de son client !!!... elle le proclame.

7h d'un trajet qui était annoncé pour 5h... Bus chaudière, surtout aux arrêts, fréquents, avec la montée-bousculade bruyante des petits vendeurs de choses à grignoter, style pousses de bambous, bananes ou beignets de mil un rien graisseux ...  Sur la route, l'assistant du chauffeur tient à la disposition des voyageurs, dans une glacière posée à ses pieds, de la glace en gros blocs qu'on se passe de rang en rang dans une méga chope en plastique jusqu'à ce qu'elle parvienne à l'assoiffé(e).
  Démarreur récalcitrant et donc, à deux reprises, cette image étrange, tous les voyageurs hors du bus, éparpillés dans une nature plate et déserte tandis que, sur le ruban rectiligne du goudron, des volontaires s'arc-boutent pour pousser le bus, tantôt à l'avant, tantôt à l'arrière ...photos dans "Mali, pourvu que ça roule 1" (MALI-Transport).

 

Les taxis vous prennent en main !...

Je suis bien arrivée, tout-de-suite assaillie -littéralement- par une horde de taximen qui se disputent âprement la prise en charge du seul toubab du voyage.


"Toubab"... j'entends ce mot à longueur de journée : les enfants m'appellent, souvent pour le seul plaisir d'être salués par moi, digne représentante de la race blanche, mais souvent aussi ... "toubab!... cadeau ?"
A leurs appels, en agitant la main pour les saluer, je réponds "farafin!", "noir d'afrique" en bambara ... d'étonnement, ça en fige quelques-uns dans leur course.
(Et non! je ne donne pas de cadeaux... et n'entamerai ici une polémique avec personne à ce sujet pas plus que je n'entamerai une polémique pour expliquer pourquoi je ne plante pas un couteau dans une plaie).


Ma priorité, tout-de-suite, régler l'intendance ... aucun taximan, et c'est pas faute d'avoir essayé, n'a réussi à me déposséder ni de mes bagages, ni de mon sourire (très précieux, le sourire, dans la plupart des situations... faut penser à en avoir toujours un dans ses bagages, avec un zeste d'humour, c'est encore mieux). Je vais vers un homme calme à l'écart qui n'avait pas jugé bon de me faire pression. Affaire conclue, il me conduit à l'hôtel "Doux Rêves" où j'ai réservé une chambre pour ce soir...Taxi sympa avec qui j'ai le temps de discuter avant d'arriver, il m'a déposée devant la porte de l'hôtel, ce qui n'est pas habituel car accès final difficile par un bout de piste boueuse et défoncée. Il m'a laissé son n° de T. ... temps de discussion égale longueur du trajet. L'hôtel est dans un quartier tristounet, au-delà de la vieille ville, éloigné du port et de la partie vivante de la ville, taxi nécessaire, mauvaise pioche... à changer demain.

 

A réajuster : mes critères "hôtel", vision France moyenne, dépassés...

Chambre "ventilée" austère, propre : le ventilateur au centre du plafond, un lit avec moustiquaire, une table de nuit, 2 patères au mur pour accrocher les habits... une ouverture "fenêtre" au volet de métal; une ouverture "porte" fermée par une grille de fer forgé... rideaux tissés de coton épais pour préserver l'intimité (!)...grilles-portes et volets de fer égalent charnières de fer, qui égalent couïnements, grincements et hantise des portes qui claquent.

Comment ai-je fait aussi pour ne pas avoir remarqué avant, à Ségou ou Bamako, la puissance sonore que peut atteindre ici, sans forcer, une voix mâle dans la discussion ordinaire ?!...(Salif, Mamadou, Amadou...parlaient très doucement, en regardant devant eux, sans croiser le regard de l'interlocuteur, comme pour ne pas l'envahir, ou s'imposer)...
   ...car, dans la chambre qui m'est échue, à la galerie du 1er étage, très exactement au-dessus d'un bureau d'accueil qui n'a rien à envier à la case à palabres, il m'est impossible de l'ignorer. Je vous ai dit quoi, tout-à-l'heure?... sourire et humour?...

!!!... Ouais!... ben!... cette fois... ça va être l'option montée-fulgurante-et-irrépressible-d-adrénaline.
Je déboule dans ce foutu bureau, colère et frustration, et déverse véhémentement mes opinions sur un hôtel qui, je le dis haut et fort, ne mérite pas le nom d'hôtel !!!... COLERE, les grilles!... en guise de portes qui n'isolent de rien,... les ouvertures fenêtres!... qui vous obligent à choisir entre lumière-volet de fer ouvert ou sentiment de sécurité-volet fermé... les gens!... qui hurlent... FRUSTRATION, j'ai rêvé d'un bon lit toute la journée, une nuit grand repos après les 8 jours au campement précaire de KALA et la journée BINKE-Transports passionnante, oui, et épuisante...et, ceux qui connaissent le problème se doutent bien qu'il faut ajouter au tableau... MIGRAINE!... Il faut que je dorme!... tout en moi le réclame. J'ai l'énergie impérieuse que réclame la survie.
Devant moi, deux interlocuteurs stoïques et pas interloqués du tout. Pas de problème... on m'attribue la chambre du bout du bâtiment, la plus calme, on s'arrangera avec ceux qui l'ont déjà réservée... OUF!...même porte, même volet mais plus aucun passage devant, ni de voix tonitruante et, en prime, rez-de-chaussée, fraîche avec ouverture sur une mignonne petite cour joliment décorée dans laquelle les clients peuvent prendre leur petit déjeûner, mais pas avant 8h...ça me va!...douche et D O R M I R...

Résurrection au petit matin, je suis toute neuve, le monde est beau.

Le p'tit déj'... bonheur

Puis changer d'hôtel. Je mesurerai au prochain hôtel, en retrouvant des portes copies conformes de celles d'ici, combien ma diatribe de la veille a pu paraître comique et un rien saugrenue. Estampillée "européenne fraîchement débarquée" !... Quoi que j'ai pu penser de mes capacités d'adaptation et ouverture d'esprit, je reste mentalement encombrée de mes oripeaux d'occidentale, si inconsciemment intégrés que j'en oublie qu'ils ne sont pas normes universelles... et j'y comprends beaucoup du vivre ensemble, socialement parlant, et des représentations de la notion d'intimité ou bulle privée quand des portes/trous sont plus le fait d'un modus-vivendi culturel que d'un souci d'économie.

 

 

Initiation suite : travaux pratiques sur le thème
"y a pas d'problèmes"

Comique ?... je peux faire mieux ... z'allez voir ...

Ce matin 2 janvier, me voilà donc en train de prendre possession de ma nouvelle chambre, dans le 2ème hôtel noté dans mes carnets, l'hôtel...."Y a pas de problème".

HEY!!! ... il me revient soudainement à l'esprit que je suis partie du 1er hôtel sans payer !... par pure étourderie!... et personne n'a eu la présence d'esprit de me retenir !...
  Pourtant, j'ai tranquillement fait mes bagages, roulé mon gros sac cargo jusque dans le bureau, le sac à dos accroché aux épaules, expliqué que sans voiture, j'étais trop loin de la partie vivante de la ville et donc que je partais, rendu la clé et, sans me presser, suis sortie. Ils n'ont pu avoir aucun doute sur mes intentions... Personne ne m'a couru après alors qu'il m'a fallu un certain temps pour tirer le cargo jusqu'au goudron sur une piste défoncée pas roulante pour deux sous. Ensuite, j'ai poireauté un bon moment au bord d'un goudron désert avant qu'un taxi veuille bien passer par là, vérification effective de l'isolement de cet hôtel. Pas plus de réaction.

Bon!... je n'aime pas léser les gens, faut que j'y retourne!... c'est barbant!... mais tant qu'à faire, réglons ça tout-de-suite. J'ai toujours le n° de T. du 1er taxi, l'appelle et quelques minutes plus tard grimpe dans sa voiture racassante.  Je lui explique le problème. Je vois bien qu'il est un peu étonné, non que je sois partie sans payer, mais que j'y retourne pour le faire... réflexion... puis : "c'est bien, tu es honnête. Merci."
  Dans le bureau de "Doux Rêves", la patronne, toubabou, et son associé -je suppose- farafin, sont penchés sur un grand cahier à éplucher leurs comptes quand j'entre. Je leur présente mes excuses. La propriétaire me confie qu'elle disait à l'instant : "c'est le jour!... y a des jours comme ça!" l'annulation d'une réservation pour un groupe s'étant ajoutée à mon impayé.
  Je suis sûre que le prix d'une nuitée, à laquelle s'ajoute un petit déjeûner, représente plusieurs jours de salaire pour chacune des personnes employées ici. Pourtant, aucun des deux que j'ai devant moi, assis nonchalamment sur leurs chaises, n'auraient dépensé le moindre grain d'énergie pour tenter de récupérer au moins ça ... une peau blanche ne passe pas inaperçue à Mopti, on m'aurait facilement retrouvée... téléphoner aux autres hôtels? cela n'a même pas été envisagé. Pas payé ?... c'est noté, pas payé, point. Y a pas de problème. Une chose est certaine, ils ne s'attendaient pas à me revoir.

Le taxi qui m'a ramenée à MOPTI, au moment où je vais pour le régler, ne me demande que le prix de l'aller et me fait cadeau du retour car, me dit-il, ça lui a fait plaisir de transporter quelqu'un d'honnête ... à mon tour d'être surprise.
  J'y ai vu chez lui la conscience vivante, pas abstraite ou éthique comme ça peut l'être chez moi, mais vivante, éprouvée, ressentie émotionnellement, de ce qu'un geste fait à une personne est fait à tous et donc à chacun, qui peut en retour, qu'il soit ou non le bénéficiaire du geste, en remercier l'auteur. Plus tard, en pays DOGON, j'ai été témoin d'une scène où j'ai assisté au même phénomène... je vous raconterai plus loin...

Pour l'heure, installer mes petites affaires, puis faire connaissance avec cette ville. Pour ça, rien de mieux que mes pieds, mes yeux...

...et d'abord, ce qui me fascine, l'eau partout, les îlots, les petites digues ... à suivre


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