mercredi 25 mai 2011

Damasquinerie à MEKHNES un art à préserver

Meknes_page_précédentepage précédente:
Miloud,
Artisan damasquineur
à MEKNES


 

 

L'ART DU DAMASQUINAGE SUR MÉTAL


Lion-damasquinerie-MiloudESSAIDI-MEKNES

Le LION, une des belles pièces
de l'atelier de Miloud (voir page précédente)
clic! sur la photo pour l'agrandir

  Le damasquinage sur métal est un art ancien qui "consiste à incruster dans le métal des fils lisses ou torsadés en cuivre, en argent ou en or*".

À Meknes, les artisans ont abandonné l'or trop onéreux au profit de l'argent. Le fil d'argent lui-même reste un gros investissement.

 

fil_d-argent_et_marteau_de_damasquineur-MEKNES

clic! sur la photo pour l'agrandir
Entre les mains de Miloud, un rouleau de fil d'argent
et le petit marteau qu'il utilise pour incruster
ce fil dans les feuilles de fer.

bracelet-serpent_et_bagues_damasquinés-Miloud-ESSAIDI_MEKNES bijou_main-de-Fatima_DamasquinerieESSAIDI-MEKNES

Il ne fait pas de dessin préalable pour les incrustations
il suit son envie ...

 Miloud m'avait donné le prix au kilo du fil d'argent, exorbitant, avec cette précision :
"il vient de chez vous... on n'a pas les machines pour le fabriquer au Maroc, on est obligés de le faire venir de France... c'est pour ça que c'est si cher."
... peut-être m'avait-il dit de Lyon ? je ne suis plus sûre...

 

Pour vous en expliquer la mise en oeuvre,
je laisse la parole à Younes Duret, designer
en contrat avec le ministère de l'Artisanat Marocain
sur un projet visant à revaloriser
l'artisanat de damasquinerie de Meknes
dont je vous parlerai en fin de page :

En ce qui concerne le procédé d’incrustations, il existe plusieurs manières :

  • On peut simplement poser, en les fixant avec de la cire, les fils d’or et d’argent sur le dessin, en suivant scrupuleusement tous les détours, et, par la seule force du marteau, l’incrustation s’opère d’une manière suffisante; en pénétrant, le fil se soude au support.

  • On trace de profondes entailles au burin, et on y introduit des fils métalliques plus forts; le marteau achève l’opération ;

  • lorsqu’on a un métal moins dur que l’acier, le bronze par exemple, à damasquiner, on champlève le métal sur toute la surface de la figure à graver; on applique sur le fond une lame mince d’or ou d’argent, qu’on y fixe en rabattant au marteau les bords relevés des contours; puis on modèle les figures sur la feuille rapportée, au moyen des ciselets, des burins ou de poinçons à estamper.

Pour finir, l’objet passe une nouvelle fois au feu avant d’être poli, de préférence à l’aide d’une pierre d’agate. On plonge la pièce directement dans la forge pour lui donner cette couleur noire qui fait ressortir l’argent. Pour éviter l’oxydation, une huile minérale y est appliquée.*

* extraits de Younes Duret Desighn - Damasquinerie Artisanat - Damasquinerie ? (source de toutes les citations en brun-rouge de cette page).

Il ne resterait plus qu'une vingtaine de damasquineurs au Maroc, tous à Mekhnes...


Ablo-bijoutierBURKINABECet art se pratique encore en Espagne, notamment à Tolède où on utilise les fils d'or.
Un artisanat s'en rapproche en Afrique Noire effectué par des petits bijoutiers, comme je l'ai vu faire au Mali et au Burkina Faso avec des ateliers extrêmement rudimentaires et des matériaux qualifiés de moins nobles (cuivre, bronze...), le support n'étant plus du métal mais du bois, en général de l'ébène.
clic! sur la photo pour l'agrandir


Au moment de vous faire ces pages, de mettre en ordre mes notes prises voici 2 ans, et par un de ces heureux hasards qui font si bien les choses, voilà que Miloud, artisan damasquineur de Meknes, croise de nouveau ma route... Il apparaît soudain là, sur l'écran photographié, dans une page ouverte sur internet au cours d'une recherche de pure curiosité sur les origines de la damasquinerie (damasquinerie? )...
Ouvrant un des liens proposés par le cafteur-gougleux, j'y découvre plus que la réponse à ma question. J'y découvre un projet passionnant ... et, sourire, parcourant ce projet, j'y retrouve Miloud, acteur dans cette aventure, ainsi que deux de ses fils et six autres damasquineurs...:

"équipe 3 : Miloud Essaidi      Abderrahman Essaidi"

Tous les artisans concernés sont présentés là: http://artisanat.younesdesign.com/?page_id=604

Et comme j'ai aimé l'esprit de ce projet, je vous en parle tout-de-suite...

Projet de Revalorisation
de l'Artisanat de Damasquinerie de Meknes

 

Collaboration entre le Ministère de l'Artisanat Marocain, l'agence de design global "Younes Duret Design" et des artisans damasquineurs de Meknes, c'est un projet d'appui aux artisans.

"L’objectif ici est d’enrichir les lignes de produits des mono artisans de la ville de Meknès spécialisés dans la production en produits de damasquinerie, par l’intervention d’un designer, Younes Duret, et de les adapter aux tendances actuelles du marché afin de générer de meilleurs revenus pour les artisans. Younes Duret concevra donc une collection libre de droits qui sera mise au profit des artisans en vue de les reproduire. Ce projet va permettre de mettre en valeur le savoir faire des artisans de la région, et d’instaurer un véritable transfert de compétences entre le designer et les artisans mobilisés."

extrait de : http://artisanat.younesdesign.com/?page_id=2

Younes Duret, Franco-marocain, recherche avec les artisans damasquineurs volontaires dans ce projet et propose des formes nouvelles, modernes et d'une mise en oeuvre moins lourde (donc moins onéreuse pour l'artisan).
On peut suivre ce travail sur le site qui lui est dédié :

"DAMASQUINI"(clic!)

    En page d'accueil Y. DURET y présente son projet dans une courte vidéo.
  • 2ème temps, à travers quelques photos, les conceptions que Younes DURET va proposer aux Damasquineurs de MEKNES et sur lesquelles ils vont travailler : CREATIONS
  • Puis, entre le 21 et 25 juin 2010, un workshop a réuni le designer, les 9 artisans et un photographe, Frédéric RUAULT, pour la réalisation des prototypes. Semaine féconde que je vous invite à découvrir :(clic!) compte-rendu en images. Belles photos qui permettent de suivre le travail effectué. On y retrouve Miloud à l'oeuvre.
  • Dernières nouvelles sur le blog du site DAMASQUINI: janvier 2011, sous le titre "Nouvelle rubrique", annonce de photos des réalisations et d'infos sur la fin du projet.... à suivre... Patience, Y. Duret est un homme très occupé sans doute...

Les créations de Y. Duret pour ce projet sont volontairement libres de droit. Conçues comme des formes de base, elles permettent à chaque artisan d'y introduire son interprétation personnelle dans la décoration. (voir INTENTIONS ).

Je ne sais pas à ce jour comment les artisans damasquineurs se sont approprié ce travail

Si l'un de vous passe par MEKNES, faîtes donc le détour par la Kissaria El HARIR ... et dîtes-nous (clic! sur commentaires ci-dessous)... 

Note: les 2 pages sur Miloud Essaidi et le damasquinage sur métal seront envoyées par lettre à Miloud et je laisserai une info en commentaire dans le blog du site DAMASQUINI pour en informer Y. DURET de leur mise en ligne.


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du carnet MEKNES
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lundi 9 mai 2011

Miloud Artisan Damasquineur à Mekhnes

 Pluie insistante sur Meknes ...

pluie2

Je remonte ROWAZINE et son traffic incessant où dominent à touche-touche une multitude de petits et grands taxis. Arrivée à la place toute pentue de Bab Dhar SEM, le bruyant manège automobile me fait délaisser sur la gauche la grande rue Dhar SEM qui amène à  Bab Mansour. Je m'échappe de la rage des voitures pour trouver plus loin la rue 'Aqbet Ziyadine... Je sais que j'entre par là aussi dans le quartier foisonnant de Qobbat Souk ...

Dans cette page :

Pour lire les titres des photos, poser la souris dessus
Pour les ouvrir plus grand (recommandé), cliquer dans la photo (Sauf pour la première et celle au lion).

 

REPOS DOMINICAL À MEKNES
de dominicus = du seigneur

derb SAADOUN Mekhnes dans Qobbat Souk vendredi après-midi MEKHNES


 ... Contraste, les rues se sont vidées... silence hormis la pluie... rues quasi désertes ... J'avais oublié :  nous sommes vendredi après-midi, jour de Hamam, Grande Prière et rituel couscous familial.

 Me laisser embarquer par des ruelles aux enfilades brun-rouge des volets de boutiques au repos. Les pavés sombres et humides renvoient avec éclat la lumière d'un ciel pourtant gris.

 ... Plus loin dans une de ces rues, extraordinairement présent dans ce silence, en bel habit du ... Vendredi, djellaba de tissu lourd, un homme absorbé donne un tour de clé à la porte qu'il vient de passer. Il me remarque, tête inclinée, se tourne lentement vers moi, étonné, amusé. Me regarde approcher puis, quand je suis à sa hauteur, dit avec un sourire qui prend le temps pour se déployer jusque dans la moindre ride de son visage :


Miloud damasqineur à MEKHNES

"Tu sais que tout est fermé ?... c'est vendredi, tu trouveras rien. Personne ne travaille. Qu'est-ce que tu voulais voir?..."

Tant pour lui je suis Touriste et en tant que telle, je dois "vouloir voir" avec planification d'objectifs bien ciblés et conformément aux pistes balisées par les livres faits pour.
Faut dire que sans le savoir j'ai abouti sur l'un des spots de ces livres-là... ça, je le comprendrai plus tard. Rien ne le montre ce vendredi.

Le sourire de cet homme appelle le sourire. Je lui dis mon plaisir dans ces rues du vendredi, et mon absence de but souvent en voyage si ce n'est être réceptive à ce qui veut bien se donner à voir...

Il réfléchit, geste arrêté sur les marches, puis : "Viens, la Kessaria est fermée mais j'ai la clé... j'ai un moment, je vais te montrer... c'est tout près."... et se met en route.

 

L'ATELIER D'UN DAMASQUINEUR
DANS LA KISSARIA AL HARIR


kissaria el HARIR Meknes


J'ai admiré dans des boutiques de la Médina de Mekhnes les objets damasquinés, un art représentatif de cette ville... Je ne sais pas encore que les hasards du jour m'ont amenée à la source au moment où je lis l'inscription "Kissaria EL HARIR" au-dessus d'une porte d'apparence branlante devant laquelle Miloud a stoppé.


une des entrées de la Kissaria el HARIR Mekhnes

Derrière cette porte,  une grande cour
bordée d'échoppes évidemment fermées,
cour partagée en deux par un double alignement central
d'autres échoppes depuis longtemps rajoutées dos-à-dos...

Autant d'ateliers de damasquinage sur métal
et de moulinage de fils autrefois de soie
"al Harir" = la soie.
Volets clos dans la cour vide...

Car Miloud, papi malicieux,
est un de ces merveilleux artisans damasquineurs.
Il me conduit à son atelier.

atelier de damasquinage sur métal MEKHNES

l'atelier ?... allez ... disons... 1m80 sur 2m50

et ceci est son établi :

l'établi d'un damasquineur MEKNES

 

MILOUD ARTISAN DAMASQUINEUR

Miloud m'explique les outils, les matières et les différentes étapes du travail.
Pour ce qui concerne les procédés du travail de damasquinage sur métal, il vous faut aller dans la page suivante (clic sur l'icône "suite" au bas de cette page).

Miloud parle un français plein de lacunes qu'il comble par images, grimaces, analogies, tissant au final un discours  vivant et sans heurt...

En même temps il parle de lui. Un léger défaut de prononciation rajoute au caractère espiègle de l'oeil rieur.  Le français ... ça le ramène loin en arrière : il se rappelle parfaitement les noms de ses instituteurs ou institutrices, venus de France, avec les années correspondantes (58, 60..., monsieur... madame... suivis des noms français, étrange anachronisme aujourd'hui dans son atelier). On voit qu'il a plaisir à se souvenir d'eux, à en parler. Comme je laisse voir mon étonnement face à cette précision dans sa mémoire, il me lance, étonné à son tour, cette phrase magnifique:

"C'est normal!... Celui qui te lit, c'est comme ton père ..."


Miloud dans son atelier MEKNES

Miloud est entré dans le métier de damasquineur à 14 ans
auprès de son père et de son frère aîné
dans ce même atelier
où il travaille maintenant avec 2 de ses fils.

Comment il a commencé ?
Il est en classe de CM2, il a 14 ans.
Il amène un jour à son instituteur, marocain celui-ci,
une petite pièce de damasquinerie faite par lui...

"C'est toi qui as fait ça ?!... réellement ?!...
Alors, va travailler...
Il vaut mieux que tu continues d'aller travailler
plutôt que d'aller à l'école..."

Miloud dit dans un rire :
"je n'étais pas très fort à l'école"

Maintenant, il a 60 ans passés... Il regarde derrière lui et ce qu'il voit du chemin accompli semble le combler : d'abord, une grande famille de trois fils et quatre filles dont il est fier ; puis entre artisan et artiste, toutes ces années dans le même atelier à faire ce beau métier qu'il aime ; enfin, le plaisir de travailler avec ses fils et le bonheur de ce sentiment : être inscrit dans la continuité par la perpétuation d'un art traditionnel qu'il a lui-même reçu en héritage et leur a transmis à son tour...

"Maintenant, je suis vieux" a dit Miloud... j'ai entendu "maintenant, je suis heureux".


C'était le vendredi 2 janvier 2009. Gardé dans les notes d'un de ces cahiers d'écolier qui accompagnent mes voyages, dans des photos en sommeil et dans ma mémoire, souvenirs vivants... Miloud était en attente de son moment dans les dédales de ma disponibilité écartelée entre mille choses.

Inch Allah... Dans ce temps écoulé qui a ses raisons d'être, il s'est trouvé que la rencontre entre un designer marocain, Younes DURET, et l'art du damasquinage sur métaux de Meknes est venue bousculer la vie ronronnante de certains artisans damasquineurs de la Kissaria el Harir pour y produire un renouveau.

Dans la page suivante, je vous en dis plus sur l'art du damasquinage et sur ce projet innovant impulsé par Younes DURET et dont l'objectif est de dynamiser un art encore présent à Meknes mais menacé d'engourdissement.


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dimanche 20 mars 2011

Peaux aux enchères Souk NHAL à Marrakech

Le mot du jour, Bonjour
20/03/11

Transactions Souk Nhal MARRAKECH Maroc

 

Étroite rue sous l'ombre ajourée des claies c'est le souk Nhal, Marrakech, un matin de janvier, le marché aux enchères des peaux vendues à la criée...

Un efficace brouhaha que je vous invite à traverser dans cette page nouvelle :

Peaux tannées : vente à la criée du Souk NHAL à Marrakech

où je vous emmène côtoyer quelques-uns de ces hommes dignement ordinaires...

... et, petite note pour ceux qui me suivent, la dernière page des "mythes et funérailles Dogons" va bien finir par arriver... promis. Je n'ai pas encore résolu les problèmes d'édition qu'elle me pose. En attendant, vous aurez d'autres nouvelles du Maroc ...

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frise_chevrons

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Peaux tannées : vente à la criée du souk NHAL à Marrakech

Souq Nhal entrée MARRAKECH Maroc

Je vous emmène aujourd'hui
dans l'un de ces lieux que j'affectionne à Marrakech.
Étroite rue sous l'ombre ajourée des claies
c'est le souk Nhal, un matin de janvier.

les titres sont visibles en posant la souris sur les photos.

Souk Nhal, le marché aux enchères des peaux,
vente à l'ancienne, à la criée. 

Souk Nhal, peaux à la criée MARRAKECH Maroc

On y vient, tanneur, pour proposer à la vente
les peaux de chêvres ou moutons qu'on a tannées...

Vendeurs de peaux Souq Nahl MARRAKECH Maroc

avec l'espoir d'en obtenir un bon prix, de préférence par lots.

Peaux tannées Souq Nahl MARRAKECH Maroc

On y vient, courtier, pour tenir haut et fort un rôle ancestral...

Courtier en négociations Souq Nahl MARRAKECH Maroc

...celui de très actif intermédiaire entre vendeurs et acheteurs,
de chargé des transactions âprement négociées.

Peaux de qualité Souq Nahl MARRAKECH Maroc

Plusieurs courtiers officient simultanément.
Ils courent de l'un à l'autre, se font persuasifs...
Leurs annonces, criées, ricochent et s'entrechoquent,
prix demandé, offres et sur-enchères,

et dominent le brouhaha ambiant
des autres voix, exclusivement masculines.
De fait, monde d'hommes.

savoir apprécier les peaux Souq Nahl MARRAKECH Maroc

On y vient, patron teinturier ou cordonnier, pour acheter...

âpres négociations Souq Nahl MARRAKECH Maroc

... et imperméable à la pression du courtier ...

Peaux tannées vendues par lots Souq Nahl MARRAKECH Maroc

... trouver les meilleures peaux au meilleur prix...

Acheteur peaussier comblé Souq Nahl MARRAKECH Maroc

... pour le travail à venir.

Ce que le tanneur a à offrir Souq Nahl MARRAKECH Maroc

Vendeur, on peut y attendre des heures que l'affaire soit faite.

espoirs et désespoirs du tanneur vendeur Souq Nahl MARRAKECH Maroc

Mais aussi s'impatienter...

Marchandages peau à peau Souq Nahl MARRAKECH Maroc

...et prendre les choses en main.

Bon prix Souq Nahl MARRAKECH Maroc

Et qu'on ne vienne pas lui dire que ses peaux
ne valent pas ce qu'il en demande!...

J'y viens, moi, matinale promeneuse absorbée,
y écouter la vie intensément
quand l'homme est tout à ce qu'il fait, rien d'autre.


 Au sujet des tanneurs et de la vie dans les tanneries,
2 autres pages (dans le carnet FES Chroniques Vagabondes)
à lire dans ce blog :

Tanneries LABBATA_fes4  Fondouq LABBATA, impressionnantes tanneries (FES 4)

  impressionnant... animal, sanglant, suintant...
  hommes mêlés à la matière, matières mêlées au lieu...

Tanneries CHOUWARA_fes5

  

 Tanneries CHOUWARA (FES 5)

 ... découvrir de l'intérieur,
 en empruntant des trajets sinusoïdaux
 entre les cuves,
 les plus célèbres tanneries de FES...

 

 ... et un album photo FES, Tanneries CHOUWARA album_tannerie


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lundi 8 novembre 2010

Funérailles festives chez les Dogons

Le mot du jour, Bonjour
08/11/10

albarga_et_sa canne

 

... c'est bien après la survenue de la mort et la dépose du corps dans la sépulture partagée que se déroulent les  "funérailles" chez les Dogons[...]

Je vous propose aujourd'hui 2 nouvelles pages de mon voyage :

page 28b : Cérémonies rituelles et festives, les Funérailles peuvent durer jusqu'à trois jours, nuit et jour, et rassemblent beaucoup de monde. lire la page :"Assister aux Funérailles, une Grande Fête Dogon"


page 28c : Les Funérailles vont permettre à l'âme du mort, restée au village après le décès, de se mettre en route pour l'au-delà... lire la page : "Sacrifice et Danse des Masques à la Maison du Mort"



 

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Assister aux funérailles, une grande fête Dogon

avant_dogonpage précédente:
Rites funéraires I,
l'enterrement ...

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Les  "funérailles" se déroulent bien après la survenue de la mort et la dépose du corps dans la sépulture partagée (voir page précédente). Il faut donner du temps au deuil. Mais également, les Dogons, agriculteurs, sont soumis aux exigences des travaux des champs.

récoltes_rentrées__champs_au_repos

Aussi est-ce naturellement en saison sèche, de décembre à février, que ces célébrations se multiplient dans les villages. Les récoltes faites et stockées, les champs en attente ne demanderont plus de travail jusqu'à la saison des pluies, pour les semailles.

Cérémonies rituelles et festives, les funérailles peuvent durer jusqu'à trois jours, nuit et jour, et rassemblent beaucoup de monde*. Elles vont permettre à l'âme du mort, restée au village après le décès, de se mettre en route pour l'au-delà.

Dans cette page et les 2 suivantes vous allez assister aux funérailles d'un Ancien de KOUNDOU comme j'y ai moi-même été invitée...  et  en découvrir le déroulement ainsi que le sens que lui donne mon guide Dogon.


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Ce qui aurait dû être Avant-dernière nuit
de mon premier séjour en Pays Dogon...


Sur matelas-mousse-natte-au-sol dans une humble case,
dernier campement de la vallée à Youga Nah,
je ne dors pas.
Toute la nuit des tambours résonnent,
cascades de sons graves et ronds, rapides et puissants,
qui ricochent de rochers en rochers sur les falaises,

et comblent large tout l'espace jusqu'aux étoiles...

Je ne dors pas... j'écoute.

..... ..... .....

Au matin, Oumar (le guide) m'informe :
ces tambours annoncent des funérailles,
à KOUNDOU, village voisin (carte).
M'invite à prolonger mon séjour pour y assister.

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Assister aux funérailles, une fête !
T U M O s  et place de chacun

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Ainsi, plutôt que chemin du retour, comme il était prévu,
nous voilà rendus au "luxueux" campement
dans la plaine au bas de Koundou,
où nous mangeons à mi-journée,
à attendre avec des femmes venues d'autres villages
dans leurs plus beaux boubous...
Attendre que le soleil nous permette d'entamer l'escalade
vers le vieux hameau accroché assez haut,
à flanc de falaise, où nous monterons ensemble.
rappel : photos réduites... clic! dedans
pour redonner taille, plaisir et... sens.
La souris sur les photos fait apparaître les titres.

montée vers funérailles

Femmes lourdement chargées de marmites de bière de mil,
de récipients débordants de plats cuisinés, riz ou mil...
Tout est apporté sur la tête,
parfois de loin, pour partager aux funérailles.
... Et souvent un bébé sur le dos.

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convoi de femmes

xxxxxx

À l'approche du village, rumeur de grande foire.

arrivée à Koundou

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assister aux funérailles

Par des sentes ruelles entre murs pierreux
des groupes de femmes accompagnées d'enfants en bas-âge
convergent vers l'un des deux lieux essentiels de la cérémonie:
la maison du défunt.

rochers tribunes

Sur des rochers estrades, des grappes humaines agglutinées.

la place de chacun-e

Enfants plus grands et hommes sont partis plus tôt.

Les garçons, regroupés par TUMO, vivent leur vie de garçons
et prennent une longueur d'avance pour le DOLO.

Les plus jeunes encadrés par un Grand-Frère:

jeunes garçons et grand-frère

À lui de réguler, sévère,
demie calebasse remplie de DOLO bien en main,
la bousculade des p'tits hommes pressés d'y tremper le museau.

xxxx

Les plus grands ?... encadrés par les impératifs absolus
de la Sape, du look (merci à Yougou-yougou)...

la sape merci-la-france

... et de la nécessaire esbroufe virile.

xxxx

Pendant ce temps, des cohortes de femmes nourricières
succèdent aux cohortes de femmes nourricières...

cohorte_femmes

en prévision de la nuit à venir ...

les_femmes

 

Mais avant tout, rites essentiels...
et ça se passe d'abord à la maison du défunt

où je vous amène à la page suivante...


 *... rassemblent beaucoup de monde : c'est ainsi que j'avais rencontré à AMANI Philémon POUDIOUGO, professeur de psycho-pédagogie à Koro et son neveu, instituteur, venus au village pour les funérailles du père de Philémon, ainsi que je vous ai raconté dans la page 13 .


toutes les pages de ce carnet,                                         page suivante
cliquer dans l'icône ci-dessous :                               Sacrifice et Masques
à la maison du défunt
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Sacrifice et Masques à la maison du défunt

avant_dogonpage précédente:
Assister aux funérailles
Une grande fête Dogon

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xxxxxxxxx

Plus nous approchons de la maison du défunt,
plus la foule se presse...

tribune

Rappel: photos très réduites... donc clic! dedans
pour redonner taille, plaisir et... sens.
La souris sur les photos fait apparaître les titres.

Il faut savoir se maintenir en équilibre instable
sur rochers inégaux et pierres des vieux murs écroulés

terrasse du défunt

pour apercevoir ce qui seul à ce moment
mérite d'être vu,
la terrasse de la maison du défunt
au-dessus de la plaine.

Sur ce rectangle de banco à peine plus grand qu'un pagne,
des Anciens, initiés, viennent de sacrifier le bouc.
On observe et analyse ses derniers soubresauts,
on interprète la position finale de la dépouille...
Puis les vieux laissent la place à des proches parents,
plus jeunes, armés du fusil à pierre à un coup*

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fusils en terrasse

... à forte détonation et grande fumée
qu'on met un point d'honneur à faire exploser
le plus grand nombre de fois possible
pour un maximum de bruit.

chasser l'âme du mort

Selon Oumar, on signifie ainsi à l'âme du mort,
jusque là encore attachée au village,
que le moment est venue pour elle
de rejoindre le monde des esprits.

S'il dit : "on libère l'esprit du mort"
xxx
Oumar dit aussi: "l'esprit du mort n'a plus sa place ici,
il doit partir
"
exprimant clairement que
si cet esprit s'obstine à rester parmi les vivants
cela pourrait être dangereux pour la communauté.
xxxx
Pour éviter cela on fait tonner les fusils.
Tout ce bruit doit l'effrayer et le chasser,
le pousser à entreprendre son voyage vers l'au-delà.

Mouvement dans la foule,
un espace circulaire se libère au pied de la maison.
Des tambours s'installent, jouant déjà...
xxxx

tambours aux funérailles

D'une ruelle très pentue,
apparaissent l'un après l'autre les danseurs.

D'abord ALBARGA, le masque du vieillard
avec son attribut: la canne

masque_albarga_le_vieux

masque Albarga, tambours et fils du défunt

suivi de la jeune fille dévorée par le lion

masque jeune-fille au lion

Me voilà placée au premier rang
après que Oumar soit allé saluer les fils du défunt.
Toutefois à partir de l'entrée du deuxième masque,
l'aîné des fils me demande de ne plus prendre de photos.
Il ne faudrait pas que je compromette ce qui va suivre.
Je pourrai reprendre plus tard, à la place publique.

Les tambours redoublent d'intensité.
Trois masques se sont succédés sur le sable,
ont chacun exécuté leurs pas spécifiques
devant les musiciens et les fils de l'Ancien, parti.
Puis sont montés sur la terrasse de sa maison
pour danser encore et tous trois en même temps,
tournant et bondissant sur la scène exigüe.
... Et les tambours... infatigables, exaltants .

Moment important pour la communauté dogon. Pendant cette danse, l'un des masques, attrapant un peu de terre au sol de la terrasse et la jetant en l'air va permettre à l'âme du mort de choisir son NANI : l'âme va transmettre une partie de son énergie vitale, son Nyama, à un nouveau-né parmi ses descendants. En contre-partie, celui-ci devra toute sa vie, s'il veut conserver le Nyama transmis par le défunt, faire des libations à son nom sur l'autel des ancêtres, ainsi qu'il devra adopter ses tabous.

Pour ceux qui voudraient mieux comprendre Nyama et Nani, et les relations entre les deux, je vous recommande très vivement la lecture de :
Mécanisme de l'impureté chez les Dogon.
article clair et passionnant de Germaine Dieterlen ethnologue, où ces deux notions sont extrêmement bien expliquées.

Aussitôt ce geste accompli, la danse s'arrête,
les danseurs s'éclipsent,
les étagements de tribunes se désagrègent...

Chacun rejoint à travers champs la place publique
où vont se poursuivre ces funérailles...
Vers la liesse cérémonielle...

xxxxx

ç a   s e   p a s s e   d a n s   l a   p a g e   s u i v a n t e ...

suite des funérailles: espace public


*fusil à pierre à un coup : ces fusils de fabrication locale peuvent être dangereux... D'abord parce-que dans la frénésie du moment, la plupart des tireurs ne prennent aucunes précautions vis-à-vis des gens qui les entourent, un fusil peut être mis à feu à quelques centimètres de vous, et ensuite parce-qu'il arrive qu'ils explosent vraiment, créant de graves blessures à leurs utilisateurs. C'est de cette manière que Alaye Kéné Ato, que je vous ai déjà présenté (pages 23 à 26), a été amputé de sa main gauche.


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jeudi 21 octobre 2010

Un enterrement rituel Dogon

Le mot du jour, Bonjour
21/10/10

indigo_rythme_quadrillage

"Comment les Dogons enterrent-ils leurs morts ? Quels rites accompagnent les funérailles ?... Quelle symbolique s'attache à ces rites ?..." lire la page


Posté par amilaba à 20:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Rites funéraires Dogons I : l'enterrement du défunt

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Mythes Dogons des Origines III :
LÉBÉ, l'Ancêtre Serpent

 

Comment les Dogons enterrent-ils leurs morts ? Quels rites accompagnent les funérailles ?... Quelle symbolique s'attache à ces rites ?...

Oumar_P1180426Oumar, mon guide très concerné, va d'abord me raconter les rites funéraires aux heures chaudes où la pause s'impose, quand nous échangeons nos savoirs, après le repas, dans la torpeur de terrasses ombragées et silencieuses... puis, tout naturellement, me donnera un jour l'occasion d'assister à des "funérailles".

"funérailles", je mets ce mot entre guillemets car, employé par Oumar et par les autres dogons qui l'ont utilisé devant moi, il ne fait pas référence à l'enterrement du défunt mais à un rituel funéraire très festif qui se déroule dans un second temps et dont je vous parlerai dans la page suivante.

Dans cette page-ci, nous sommes juste au moment où un dogon vient de mourir... Voici ce que dit Oumar :

 

D'abord, la Toilette du Mort ...

 

Il faut laver le mort pour que son âme repose en paix. Ce sont le père, s'il n'est plus là, l'oncle, ensuite s'il n'y a plus d'oncle, le frère, et sinon le fils, et dans cet ordre, qui seuls peuvent toucher le corps du défunt, à la condition qu'ils connaissent le Sigui so, la langue secrète des initiés... Mais, s'il ne connaissent pas le Sigui so, une personne âgée initiée le fait devant celui à qui revient ce rôle (ce rituel est similaire pour les femmes).
Cette toilette doit se faire avec l'eau de la GUINA (ou Ginna).

La GUINA, comme je te l'ai déjà dit, c'est toute la grande famille, les vivants comme les morts, tous les ancêtres en remontant par les pères et tous ceux qui en descendent. On dit aussi Guina pour la maison où tu trouves l'autel des ancêtres, parce que c'est la même chose. C'est le plus vieux de la famille qui y habite et c'est là qu'on garde l'eau. L'eau de chaque Guina est changée tous les ans. C'est le HOGON qui donne l'eau pour toutes les Guinas. Il l'a purifiée dans une cérémonie, avec des sacrifices.

On met l'eau pour la toilette dans une poterie ou une calebasse qui ne sert qu'une fois. On la laissera à l'entrée de la grotte où sera enterré le défunt. Elle ne peut plus resservir­*.

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Le linceul ...

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indigo_rayures_pointsLe corps est mis ensuite dans un linceul de coton tissé à la main**. Les Dogons ont déjà prévu ces tissus en réserve dans les familles. Des fois ils sont blancs (écrus) ou aussi teints en indigo, unis ou avec des rayures blanches ou des carrés ... comme je t'ai montré les couvertures dans la boutique, c'est les mêmes.

On enroule le corps très serré dans la couverture, comme une momie. On ficèle à plusieurs endroits avec des bandes de tissu. Le linceul ne doit pas se défaire quand on le monte dans le cimetière. voir ph. du site "Dogon-Lobi" ICI

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Quitter le défunt ...

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indigo_rythme_rayuresOn appelle maintenant sa femme puis toute la famille dans la maison. Tous ensemble pardonnent tout le mauvais qui a pu se passer avec lui et demandent son pardon pour le mal même involontaire qu'on lui a fait. Ça dure à peu près une demie-heure.

On appelle les vieux (les sages), le chef, le conseil. Ils autorisent les jeunes garçons à emporter le corps du défunt qui appartient maintenant à tout le village.

La famille n'a plus aucun droit sur son corps qui appartient à la communauté Dogon.

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couverture_funéraire___motifsLe corps est emporté au TOGUNA, ou directement chez le HOGON.
Le Hogon donne sa bénédiction au mort. Il a mis de l'eau du Guina dans une calebasse. Il donne cette eau au chef du village qui la donne à une personne proche du mort qui asperge le corps jusqu'à vider toute la calebasse. C'est pour dire au mort qu'il n'y a plus d'eau au Guina pour lui. Il doit partir. Ça symbolise la fin de sa participation à la vie du village.

On revient au TOGUNA. Le corps est exposé et tous les voisins viennent s'excuser et excuser le mort.

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En chemin vers le cimetière

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On va maintenant amener le mort au cimetière.

indigo_damierOn passe par un autel qui symbolise le LÉBÉ. Sur l'autel, on fait des sacrifices : on verse du lait, de la bouillie de mil, de la bière de mil, ou le sang d'un animal sacrifié. C'est le chef du village qui décide de l'offrande. Ce sacrifice symbolise que la personne est morte pour la communauté***. Elle est sortie du groupe des vivants.

On danse autour du LÉBÉ. Le corps doit tourner trois fois autour du Lébé pour la paix de son âme (danses et chants spécifiques).

Au pied ou à mi-hauteur de la falaise, le cimetière. C'est une grotte fermée avec une grande pierre. On y dépose le mort avec son linceul. On récupère la couverture...
Les personnes âgées restent dehors, ce sont les jeunes qui le font. On dépose près de la grotte le récipient qui a servi pour contenir l'eau pour la toilette du mort.

Puis tout le monde retourne au Toguna.xxxxxxxxxx

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Ceux qui restent ... les condoléances

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indigo_régularité_nouéeTout le monde est revenu au lieu public. C'est le moment des excuses entre tous, de chacun à chacun.

Puis les vieux restent au Toguna. Les gens des villages voisins viennent d'abord leur donner (sic) leurs condoléances. Ensuite ils vont présenter les condoléances à la famille.

Pendant 40 jours, on ne touche pas aux objets du défunt. Au 40ème jour, on prend tous ses objets personnels (outils, vêtements, ce qu'il a gardé dans son grenier ...). On fait le partage de ses biens entre les membres de la famille.

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C'est fini. Le mort est sorti de la communauté.

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*poteries déposées à l'extérieur de la grotte : La première fois que j'avais rendu visite à Alaye Kéné Âto, alors qu'il m'accompagnait un bout de route à mon départ, il avait sans explications fait un crochet pour me faire passer, il y tenait, à côté d'un lieu que Oumar m'a annoncé être des sépultures au vu des poteries, sphères brunes, posées serrées dans l'herbe au pied des rochers. Par ignorance, je n'avais pas su apprécier à l'époque l'honneur qui m'était fait.

**coton tissé à la main : ce sont les hommes qui tissent sur des métiers à tisser traditionnels qui n'excèdent pas 20 cm de large (voir ICI )
Les multiples petites présences blanches - dont la régularité rythment rayures ou quadrillages subtils dans les pagnes teints avec l'indigo - sont obtenues en cousant avec patience dans le tissu écru des petites réserves hermétiques qui seront décousues après la teinture.

***la personne est morte pour la communauté : Cette idée a un sens plus large qu'un simple décès. Les cérémonies funéraires peuvent ainsi être célébrées après une disparition. Oumar dit aussi :"la personne est perdue pour la communauté". C'est ainsi que le père de Oumar qui avait été enrôlé de force vers 18 ans (l'armée française étant venue le rafler alors qu'il cultivait un champ d'oignon) et n'avait pas pu donner de ses nouvelles pendant quelques années avait été considéré mort par la commune de Pelou, son village. Ses funérailles dogons avaient donc eu lieu ainsi qu'il se devait.


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une grande fête Dogon
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jeudi 8 juillet 2010

Le culte du LÉBÉ ancêtre mythique Dogon

Le mot du jour, Bonjour
08/07/10




"Voulant partir avec les restes de l'ancêtre, ses descendants trouvèrent sa tombe vide. À la place de sa dépouille, un grand serpent vivant...
le LÉBÉ, l'ancêtre revenu à la vie..." lire la page


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