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Roots Voyage et Retours
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7 janvier 2000

index classique Sahara/Déserts

bannière_désert_aj

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MAROC  II  > • SAHARA/Désert > 12 pages et 6 albums photos
                                Cliquez sur le titre d'une page pour l'ouvrir

                               1. de MARRAKECH à ZAGORA
                               2. à travers palmiers et sables
                               3. Oasis sacrée et camp de base
                               4. Guide et chamelier
                               5. Marches, bivouacs... silence
                               6. Sables, regs et petites histoires
                               7. Feu nourrissier et fraîcheur du puits
                               8. la TAGELLA ou pain de sable
                               9. Odeur du pain et billet d'humeur
                              10. Objets trouvés
                              11. de ZAGORA à MARRAKECH
                              12. car ça aussi, c'est le voyage ...

                              SAHARA/Déserts albums :
                              Posez la souris sur l'icône pour voir le titre.
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                                                                                         B o n n e   B a l a d e . . .

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SAHARA/Déserts en images


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21 octobre 2010

Rites funéraires Dogons I : l'enterrement du défunt

avant_dogonpage précédente:
Mythes Dogons des Origines III :
LÉBÉ, l'Ancêtre Serpent

 

Comment les Dogons enterrent-ils leurs morts ? Quels rites accompagnent les funérailles ?... Quelle symbolique s'attache à ces rites ?...

Oumar_P1180426Oumar, mon guide très concerné, va d'abord me raconter les rites funéraires aux heures chaudes où la pause s'impose, quand nous échangeons nos savoirs, après le repas, dans la torpeur de terrasses ombragées et silencieuses... puis, tout naturellement, me donnera un jour l'occasion d'assister à des "funérailles".

"funérailles", je mets ce mot entre guillemets car, employé par Oumar et par les autres dogons qui l'ont utilisé devant moi, il ne fait pas référence à l'enterrement du défunt mais à un rituel funéraire très festif qui se déroule dans un second temps et dont je vous parlerai dans la page suivante.

Dans cette page-ci, nous sommes juste au moment où un dogon vient de mourir... Voici ce que dit Oumar :

 

D'abord, la Toilette du Mort ...

 

Il faut laver le mort pour que son âme repose en paix. Ce sont le père, s'il n'est plus là, l'oncle, ensuite s'il n'y a plus d'oncle, le frère, et sinon le fils, et dans cet ordre, qui seuls peuvent toucher le corps du défunt, à la condition qu'ils connaissent le Sigui so, la langue secrète des initiés... Mais, s'il ne connaissent pas le Sigui so, une personne âgée initiée le fait devant celui à qui revient ce rôle (ce rituel est similaire pour les femmes).
Cette toilette doit se faire avec l'eau de la GUINA (ou Ginna).

La GUINA, comme je te l'ai déjà dit, c'est toute la grande famille, les vivants comme les morts, tous les ancêtres en remontant par les pères et tous ceux qui en descendent. On dit aussi Guina pour la maison où tu trouves l'autel des ancêtres, parce que c'est la même chose. C'est le plus vieux de la famille qui y habite et c'est là qu'on garde l'eau. L'eau de chaque Guina est changée tous les ans. C'est le HOGON qui donne l'eau pour toutes les Guinas. Il l'a purifiée dans une cérémonie, avec des sacrifices.

On met l'eau pour la toilette dans une poterie ou une calebasse qui ne sert qu'une fois. On la laissera à l'entrée de la grotte où sera enterré le défunt. Elle ne peut plus resservir­*.

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Le linceul ...

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indigo_rayures_pointsLe corps est mis ensuite dans un linceul de coton tissé à la main**. Les Dogons ont déjà prévu ces tissus en réserve dans les familles. Des fois ils sont blancs (écrus) ou aussi teints en indigo, unis ou avec des rayures blanches ou des carrés ... comme je t'ai montré les couvertures dans la boutique, c'est les mêmes.

On enroule le corps très serré dans la couverture, comme une momie. On ficèle à plusieurs endroits avec des bandes de tissu. Le linceul ne doit pas se défaire quand on le monte dans le cimetière. voir ph. du site "Dogon-Lobi" ICI

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Quitter le défunt ...

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indigo_rythme_rayuresOn appelle maintenant sa femme puis toute la famille dans la maison. Tous ensemble pardonnent tout le mauvais qui a pu se passer avec lui et demandent son pardon pour le mal même involontaire qu'on lui a fait. Ça dure à peu près une demie-heure.

On appelle les vieux (les sages), le chef, le conseil. Ils autorisent les jeunes garçons à emporter le corps du défunt qui appartient maintenant à tout le village.

La famille n'a plus aucun droit sur son corps qui appartient à la communauté Dogon.

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couverture_funéraire___motifsLe corps est emporté au TOGUNA, ou directement chez le HOGON.
Le Hogon donne sa bénédiction au mort. Il a mis de l'eau du Guina dans une calebasse. Il donne cette eau au chef du village qui la donne à une personne proche du mort qui asperge le corps jusqu'à vider toute la calebasse. C'est pour dire au mort qu'il n'y a plus d'eau au Guina pour lui. Il doit partir. Ça symbolise la fin de sa participation à la vie du village.

On revient au TOGUNA. Le corps est exposé et tous les voisins viennent s'excuser et excuser le mort.

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En chemin vers le cimetière

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On va maintenant amener le mort au cimetière.

indigo_damierOn passe par un autel qui symbolise le LÉBÉ. Sur l'autel, on fait des sacrifices : on verse du lait, de la bouillie de mil, de la bière de mil, ou le sang d'un animal sacrifié. C'est le chef du village qui décide de l'offrande. Ce sacrifice symbolise que la personne est morte pour la communauté***. Elle est sortie du groupe des vivants.

On danse autour du LÉBÉ. Le corps doit tourner trois fois autour du Lébé pour la paix de son âme (danses et chants spécifiques).

Au pied ou à mi-hauteur de la falaise, le cimetière. C'est une grotte fermée avec une grande pierre. On y dépose le mort avec son linceul. On récupère la couverture...
Les personnes âgées restent dehors, ce sont les jeunes qui le font. On dépose près de la grotte le récipient qui a servi pour contenir l'eau pour la toilette du mort.

Puis tout le monde retourne au Toguna.xxxxxxxxxx

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Ceux qui restent ... les condoléances

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indigo_régularité_nouéeTout le monde est revenu au lieu public. C'est le moment des excuses entre tous, de chacun à chacun.

Puis les vieux restent au Toguna. Les gens des villages voisins viennent d'abord leur donner (sic) leurs condoléances. Ensuite ils vont présenter les condoléances à la famille.

Pendant 40 jours, on ne touche pas aux objets du défunt. Au 40ème jour, on prend tous ses objets personnels (outils, vêtements, ce qu'il a gardé dans son grenier ...). On fait le partage de ses biens entre les membres de la famille.

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C'est fini. Le mort est sorti de la communauté.

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*poteries déposées à l'extérieur de la grotte : La première fois que j'avais rendu visite à Alaye Kéné Âto, alors qu'il m'accompagnait un bout de route à mon départ, il avait sans explications fait un crochet pour me faire passer, il y tenait, à côté d'un lieu que Oumar m'a annoncé être des sépultures au vu des poteries, sphères brunes, posées serrées dans l'herbe au pied des rochers. Par ignorance, je n'avais pas su apprécier à l'époque l'honneur qui m'était fait.

**coton tissé à la main : ce sont les hommes qui tissent sur des métiers à tisser traditionnels qui n'excèdent pas 20 cm de large (voir ICI )
Les multiples petites présences blanches - dont la régularité rythment rayures ou quadrillages subtils dans les pagnes teints avec l'indigo - sont obtenues en cousant avec patience dans le tissu écru des petites réserves hermétiques qui seront décousues après la teinture.

***la personne est morte pour la communauté : Cette idée a un sens plus large qu'un simple décès. Les cérémonies funéraires peuvent ainsi être célébrées après une disparition. Oumar dit aussi :"la personne est perdue pour la communauté". C'est ainsi que le père de Oumar qui avait été enrôlé de force vers 18 ans (l'armée française étant venue le rafler alors qu'il cultivait un champ d'oignon) et n'avait pas pu donner de ses nouvelles pendant quelques années avait été considéré mort par la commune de Pelou, son village. Ses funérailles dogons avaient donc eu lieu ainsi qu'il se devait.


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cliquer dans l'icône ci-dessous :                           Assister aux funérailles
une grande fête Dogon
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19 juin 2010

Genèse Dogon II : De la Parole à l'apparition de la Mort

 

Le mot du jour, Bonjour
19/06/10

Deuxième volet sur les Mythes Dogons, comment la mort est dévoilée aux hommes. C'est dans cette nouvelle page à ouvrir d'un clic! sur le titre ou l'icône :

bout_la_mort_100page 27b. Mythes Dogons des Origines II :
       L'apparition de la MORT ...

       ...une sombre histoire
                    d'interdits transgressés.

 

 

Dans la page suivante, en cours d'édition, le LÉBÉ ... l'ancêtre serpent et sa force vitale rédemptrice...

Restez curieux, à bientôt...

 

8 juillet 2010

Mythes Dogons des Origines III : LÉBÉ, l'ancêtre serpent

avant_dogonpage précédente
Mythes Dogons des Origines II :
L'apparition de la Mort




Du premier ancêtre mort d'avoir transgressé un interdit
sont issues les trois grandes familles Dogons :
Djon, Ono, Aru
qui composent encore le peuple Dogon actuel
(certains y ajoutent une 4ème: Domno).

...suite du mythe des débuts, ainsi que raconté par Oumar:
Rappel: les images sont réduites >>> clic! pour agrandir...
Les titres des photos apparaissent quand on pose la souris dessus les photos.

Plus tard, bien après l'enterrement de l'ancêtre-serpent,
les Dogons entreprirent une longue migration...

couple

Voulant partir avec les restes de l'ancêtre,
ses descendants trouvèrent sa tombe vide.
À la place de sa dépouille, un grand serpent vivant...
le LÉBÉ, l'ancêtre revenu à la vie.

Alors ils recueillirent de cette terre régénératrice,
gage de fertilité qu'ils emportèrent avec eux.

Leur route, en surface puis souterraine,
les amenèrent au pied des falaises de Bandiagara,
où ils créèrent le village de KANI BONZON.

situation_kani_bonzon

Ils élevèrent un autel pour honorer l'aïeul serpent,
dressant une pierre étroite et haute qu'ils recouvrirent
de terre locale mêlée à la terre prise dans sa tombe,
et imprégnée de son nyama, sa force vitale.

moisson__caïman__hogonAinsi fut instauré le culte du LÉBÉ,

 

lié à la terre, au cycle de la vie,
à la germination des végétaux...

 

"Geneviève Calame Griaule définit le LÉBÉ comme l'ancêtre mythique incarnant les forces de la terre et de la végétation [...] Il incarne et représente les forces vitales qui renaissent à chaque saison." Nadine WANONO

hogon__gros_plan

Le HOGON (voir statut et rôle page 5)
est le prêtre du LÉBÉ.
Il se passe d'étranges choses
entre le LÉBÉ et le HOGON :
Chaque nuit, le serpent LÉBÉ visite le HOGON,
lui insufflant de sa haute spiritualité et de son nyama.

Glissant sur le corps du HOGON,
LÉBÉ le lave chaque nuit.
Aussi un des nombreux interdits
imposés au Hogon est-il de ne plus se laver
et quiconque s'approche de lui
ne doit pas avoir été mouillé.
Le LÉBÉ serait-il encore près du Hogon
alors que le jour s'est levé
qu'il devrait se cacher
et attendre la nuit suivante pour s'en aller
sans qu'aucune personne autre que le Hogon ne l'ait vu.

 

Puis, les trois grandes familles se séparèrent,
chacune prenant avec elle un peu de la terre
recueillie dans la tombe de l'ancêtre mort et ressuscité.
De cette dispersion naquirent les villages Dogons
sur le plateau, les falaises et la plaine.

Dans chaque village un autel LÉBÉ fut dressé,
grand cône contenant de la terre symbolique
chargée du nyama de l'ancêtre-serpent.
C'est certainement un de ces autels
que Alaye m'a permis de voir (page 26)


On honore le LÉBÉ en faisant sur l'autel
des libations de bouillie de mil, de dolo
et des sacrifices d'animaux.

hogon_et_sacrificehogon ogo_baru

Ce sont généralement les ôgô Baru,
les assistants du Hogon, qui officient...


 

SYMBOLIQUE des LIGNES

 

motifs_récurrents__crocodiles_e_tortueSouvent dans les sculptures sont gravées des frises de chevrons (voir photos précédentes sur cette page), symboles du serpent LÉBÉ, mais aussi de la pluie (l'eau)...

Les deux, Lébé et pluie, me paraissent parfois presque équivalents dans l'esprit de Oumar ( dont j'ai bien compris qu'il n'éprouve aucunement le besoin de donner aux choses des limites clairement définies comme l'exige mon propre esprit finalement plus cartésien que je ne croyais. Sa pensée semble plus s'appuyer sur les associations d'idées, les similitudes, les recouvrements et les interpénétrations que sur la logique ).

Sur ce pilier-ci de toguna, tout autant page d'écriture que sculpture votive, la calebasse pourrait représenter tout ce qui renferme l'eau dans la nature : mares, ruisseaux, rivières, puits...
Au-dessus, les chevrons parlent de la pluie en abondance en même temps que du Lébé, non pas l'un et l'autre, mais comme une osmose des deux...

Viennent se désaltérer à cette calebasse-symbole deux caïmans, animaux de l'eau, animaux sacrés (et pour beaucoup de familles, animaux totémiques) et une tortue, protectrice et gardienne de la Ginna (la famille dans le sens de lignée, prononcer guina). N'est-ce pas que c'est bon signe? signe d'abondance, de satisfaction et de sérénité (puisque caïmans et tortue sont satisfaits).
Aux rives de cette calebasse et en-dessous, un quadrillage qui rappelle le graphisme des écailles des caïmans. Oumar décrypte ce damier comme  étant une représentation des champs cultivés et, par extension, de la communauté villageoise, l'ensemble des personnes, ou plutôt les personnes assemblées, une puis une puis une... pour faire un tout... Mais aussi la terre fertile, ou qu'on souhaite fertile et donc invocation  de la Terre mère féconde représentée dans les mamelles nourricières.
Rappelez-vous que vous agrandissez les photos en cliquant dedans...

... et l'étoile double ?... Je laisse aux spécialistes les controverses sur Sirius et Sirius B et j'écoute Oumar plus intuitif qui y lit un symbole où fertilité et fécondité sont confondues :

"Effectivement l'étoile c'est la même chose que les seins. En tous cas ça veut dire que tu vas avoir une très très bonne récolte, tu vas être très contente, très très contente parce-que tu vois, c'est Sigui Tolo et Sigui Tolo, c'est l'étoile du Sigui. Ça dit la même chose que la fête du Sigui, ça veut dire que toute la vie recommence. C'est ça que ça dit..."


 

LÉBÉ et FÊTE du SIGUI

grand_masque1 grand_masque2 grand_masque3

Tous les soixante ans les Dogons commémorent
à travers la fête du SIGUI
le LÉBÉ, premier ancêtre mort et ressuscité.
Cette cérémonie qui va durer 7 ans
suit un chemin particulier, de village en village.
Si l'itinéraire chargé de signification
ne passe pas par tous les villages,
la Fête du Sigui concerne tout le Pays Dogon.

Pour honorer le LÉBÉ, un Grand Masque est taillé, effigie du serpent-ancêtre,
dans chaque village qui reçoit la Fête.
Le masque nouveau prendra la place de l'ancien
après en avoir absorbé le nyama de LÉBÉ qui l'habitait.

lébé5

Pour taille, rites et symbolique du Grand Masque...
cliquez sur le lien "un grand masque" au-dessus
qui vous ramènera au § déjà écrit sur ces sujets
dans la page 11 consacrée aux masques.

lébé6

Tous les 60 ans ?... Oumar explique :
LÉBÉ a lui-même fait son propre parcours, de mare en mare
au tout début de l'histoire sur les falaises.

Il est parti d'un trou d'eau près de Youga Dogourou
et il a fini au même endroit,
c'est pourquoi le Sigui commence et finit aux Yougas

Pour le premier Sigui, les Dogons avaient taillé
le premier Grand Masque pour garder le Nyama de LÉBÉ.
Ils avaient choisi un homme pour le servir, le olo baru.
Mais, soixante ans après, cet homme devenu vieux mourut.
Le Grand Masque se retrouva avec personne pour le servir.
Il fallut faire un autre Sigui...
On décida que le Sigui devrait à partir de maintenant
être célébré tous les soixante ans.

Oumar ajoute que soixante ans c'est la vie d'un homme
mais que c'est aussi le temps que met l'Étoile du Fonio*
pour faire le tour de l'étoile du Sigui (Sirius).

*fonio... la plus petite graine des céréales qui pourrait bien aussi être à l'origine de l'origine du monde... mystères de la cosmogonie Dogon.

Je vous recommande :
"Les cérémonies soixantenaires du Sigui chez les Dogons" par Germaine Dieterlen anthropologue, spécialiste des Dogons, qui a pu filmer et étudier pendant 6 ans les cérémonies du Sigui débutées en 1967.

lébé1

Oumar dit "le Lébé" en parlant de l'ancêtre serpent, mais également nomme ainsi l'autel qui lui est consacré, ce que vous verrez dans la page suivante consacrée aux rites entourant la mort.

l_b__1

Pour en savoir plus:
Notes sur le culte du lébé chez les Dogons du soudan français Solange de GANAY


toutes les pages de ce carnet,                                         page suivante
cliquer dans l'icône ci-dessous :                            L'enterrement du défunt
Rites Funéraires I
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30 mai 2010

Genèse Dogon I : AMMA, Nommo et création de l'homme

Le mot du jour, Bonjour
30/05/10

Voilà, voilà... je vous la livre enfin cette page promise. Remonter aux origines, ce fut un long voyage dont voici le début:

bout_gen_se1_100
page 27a :  Mythes Dogons des origines I
         AMMA, Dieu créateur, YURUGU,le NOMMO,
         l'Homme


  car il faudra une autre page pour vous raconter comment les  humains sont devenus mortels.

                    à bientôt ...


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18 août 2009

HOGON, Ôgô Nâ... puis la case des femmes

Le mot du jour, bonjour,
18/08/09

le_Hogon_Alaye_Kene_At_

dessin de Alaye KENE ATÔ (extrait)

Chef spirituel de sa communauté, le Hogon est également investi d'un rôle éthique et politique. Il m'apparaît comme un élément clé de la cohésion sociale des communautés Dogons...et le sacré et le magique ne sont jamais bien loin... Initiation en ouvrant c'te bonne page 5 par un clic dans le titre ou l'icône que voilà:

bouton_Hogon5. à NOMBORI, à YGUELI, mystérieux Hogons

 

 

 

 

 

... et puis, z-ôssi, tiens!... une autre page:

bouton_maison_des_femmes6. Maison des femmes à Ydjeli Nâ, pays Dogon

comme d'habitude, en cliquant sur le titre ou l'icône...

 

 

 

 

... et puis, tiens!... un nouvel alboum! dans la colonne de gauche: clic! Baobabs baobab

Album de type "Alérion": Je vous conseille de caler votre affichage moniteur sur "plein écran"(Dans l'album, -merci Alérion- en cliquant sur une vignette, [la première, tant qu'à faire] vous accédez aux fonctions habituelles des albums, dont le diaporama. Vous pouvez en régler la vitesse... si problèmes, n'hésitez pas à me contacter. ).

...et les pages de 1 à 4, ICI

... et là-dessus, bonnes balades... à bientôt...

 


4 mars 2009

La Main de Fatima, ou Garmi Tondo ... cheminer

avant_dogonpage précédente:
Hombori Tondo,
point culminant du Mali




La Main de Fatima, Hombori

À quelques 3 ou 4 heures de bonne marche
du campement Kaga Tondo, de Hombori,
se dressent des aiguilles de ... grès, toujours !
C'est Garmi Tondo, la Main de Fatima.

Pour vous en mettre plein les mirettes, clic! dans photos
affichage recommandé "plein écran"

Lélélé n'est pas disponible pour nous accompagner.
Il a ce jour des clients pour les éléphants du Gourma...
Je regrette un peu d'abord ...
Mais finalement, avec le fidèle Oumar,
et parce-qu'il n'est pas vraiment familier de ce coin-là,
la balade va prendre des airs de vagabondage
tout en accords avec l'étendue de la plaine.

Vagabondage, mais non errance...
Impossible de se perdre.
À gauche, la courbe imaginée de la route,
plus ou moins proche.
Sous nos pas, devant, derrière...une savane arbustive
où le regard prend ses aises,
s'élance très loin sur la droite
jusqu'à effleurer la ligne de dunes,
s'accroche aux infimes mouvements
ou variations de rythme,
les petites silhouettes flottantes de peuls,
ou les huttes de paille en enclos familiaux.

... et devant, immuables ...

présence

... évanescentes et fantasmagoriques
dans les brumes de chaleur,
celles dont on se rapproche doucement.


Garmi Tondo, 600m de hauteur. 5 aiguilles, du nord au sud  : Suri Tondo, Wanderdu, Wangel Debridu, Kaga Tondo (la plus haute) et Kaga Pamari.

...et une histoire : Une jeune-fille partie chasser le pigeon avait, dans l'insouciance de ses printemps, perdu de vue qu'il ne faut pas siffler dans la montagne. Ça fâche les génies du coin. Elle a sifflé... elle est tombée. Il ne reste d'elle que sa main... à voir ICI


VAGABONDAGE

 

À la sortie du village de Hombori, les cases peules sont nombreuses. Organisées en véritables quartiers de pailles dont nous empruntons les ruelles. Bois liés et nattes, elles forment comme une lisière entre les maisons en banco du centre, plutôt songhaïs, et la plaine immense. Mais très vite, de construction plus sommaire, elles se raréfient, aperçues de loin en loin, îlots précaires posés sur une savane à moitié désertique.

Plaisir de la marche ...

Moment de pause à l'ombre d'un arbre. Je vois trois femmes venir vers nous de loin à travers la plaine. Leurs pas réguliers, sans hâte, font danser leurs silhouettes dans la chaleur, avec cette grâce si particulière que j'ai déjà remarquée chez les peuls. Arrivées près de nous, elles me demandent de l'argent, des médicaments, des moustiquaires, des vêtements, de la nourriture... Oumar traduit. Devant mon refus, elles se fâchent, s'indignent. Discussion houleuse entre elles et  Oumar : elles-mêmes nous ayant repérés de loin, elles sont persuadées qu'une blanche seule à pied, marchant d'un bon pas au beau milieu de la savane avec un seul accompagnateur noir ne peut être là que dans le cadre d'une mission humanitaire. Aussi elles ne comprennent pas pourquoi je ne veux pas les aider alors que j'ai donné à d'autres !? Pourquoi je refuse de faire quelque chose pour elles ?... Elles veulent leur part. Oumar réussit enfin à les convaincre, je suis simplement ce personnage exotique appelé "touriste"... Tout finit dans des sourires et je partage les quelques oranges que j'ai dans mon sac.

L'après-midi est déjà entamée,
nous voilà enfin au pied de Garmi Tondo.

au pied de la main de Fatima, Hombori

et là, décision qui m'étonne aujourd'hui,
je choisis de faire l'impasse sur la grimpette.
Ce jour-là, je suis ailleurs, fascinée par la savane.

Aussi, nous devons être chez Lélélé ce soir.
Plutôt que courir, je préfère les admirer,
ces aiguilles renommées,
et garder plus de temps pour le chemin du retour,
certaine que je suis alors de revenir ici un jour
pour tant d'envies que j'y laisse en suspens,
telles que passer par les villages,
me balader autour et dans les Tondos ...

Au retour, mon chemin suit d'abord une crête
d'où je surplombe vers le nord la plaine du Gourma

miniatures d'arbres sur la plaine du Gourma

tandis que Oumar préfère rester prudemment dans la plaine côté sud
pour ne pas lâcher son fil d'Ariane :
une parallèle imaginée à l'existence connue de la route...

 

Animisme ordinaire

La végétation est tellement clairsemée que malgré la distance, je ne peux perdre mon guide de vue... Je le vois donc quand il se baisse et ramasse quelque chose sur le sillon clair d'un petit chemin de sable... Redressé, l'objet dans sa main ouverte, il semble le regarder, perplexe. Enfin se remet en route...
  Plus loin, nos chemins convergent petit à petit et je le rejoins. Il m'attend, l'air soucieux, sa main en avant, prête à s'ouvrir pour me montrer. Mais juste quand j'arrive à sa hauteur, un écureuil décide alors de descendre sans se presser le long du tronc de l'arbre tout proche et de traverser en bondissant l'espace vide qui le sépare d'un arbre plus lointain sur lequel il saute et grimpe prestement... Le temps s'est comme arrêté pour Oumar qui n'a pas quitté l'animal des yeux. Et sourcils froncés, qui dit pour lui-même: "Il faut que j'aille au village"

Puis s'adressant à moi: "Il faut que j'aille au village. Qu'est-ce que ça veut dire ?... D'abord je trouve une pièce au-milieu du chemin, ensuite cet écureuil qui traverse devant moi... Je ne sais pas si c'est bon ou mauvais, il faut que j'aille au village dés que je rentre."

Le village, c'est Pelou, village Dogon sur le plateau de la falaise de Bandiagara, d'où est originaire son père et auquel Oumar se sent rattaché. La réponse à ses inquiétudes?... il n'y a que là qu'il peut la trouver, auprès du devin... et si c'est "mauvais", on lui dira alors ce qu'il doit faire... il suffira peut-être d'un poulet sacrifié...

 

 

Au puits, vers 17 heures

Un de ces moments magnifiques où l'on est tout à la beauté des images sans même envisager de faire une seule photo.
Au-milieu de nulle part, un puits... Autour du puits, contrastant avec la plate solitude et le silence environnants, c'est grande animation. On s'approche, on va refaire notre provision d'eau, on salue, on est salué, on reste à la lisière avec respect... La vie éclate là, explosion de couleurs, de lumineuse énergie, de gaîté... un ballet d'une harmonie telle qu'il semble que tous, hommes, femmes, jeunes enfants et bêtes, concourent à l'équilibre du tableau qu'on croirait mis en scène par un Léonard mâtiné d'un Eugène.
  Des bergers peuls venus faire boire leur troupeau accompagnés des femmes venues faire provision d'eau.
  On sent que les gestes et les séquences sont réglés depuis longtemps, le même rituel chaque jour. Les ânes d'abord, puis les moutons. Puiser est  cette fois le travail des hommes. Surmonté d'un tronc lisse horizontal, le puits est profond et assez large pour que trois hommes côte-à-côte puissent tirer de l'eau en même temps. Le corps passant d'un pied sur l'autre, brusquement renversé en arrière, puis basculé vers le puits, ils balancent chacun, d'un bras rayonnant, une épaisse et longue corde au-dessus du tronc-essieu. Au bout de chaque corde, une peau entière de mouton, nouée en cuvette, qu'ils remontent chargée d'eau pour l'aller verser trois pas plus loin dans deux abreuvoirs construits en retrait du puits. Pas de cassure dans les mouvements. Vivacité et souplesse. Les gestes s'enchaînent comme une danse, magnifiés par les larges et mobiles boubous flamboyants. Les outres se vident et se remplissent dans un rythme régulier, va-et-vient continu. On y sent du plaisir, les yeux sont gais, les voix joyeuses, les sourires fréquents.
  De l'autre côté du puits, un peu en biais, groupées, les femmes sont assises sur le sol. Mêlés à elles, des tout petits qui jouent ou dorment. Pré-ados et ados sont absents de la scène. Les  femmes discutent paisiblement. Foisonnement de couleurs vives... leurs habits, leurs voiles fins, les brins de laine qui décorent leurs coiffures et leurs boucles d'oreilles... et aussi les seaux et bassines de plastique bicolore si familiers, aux rayures jaunes, vertes, rose flashy, empilés au-milieu d'elles, en attente d'être remplis par les hommes. Les femmes ramèneront  sur leur tête ces récipients chargés d'eau.

Moment intense qui s'est gravé dans un coin de ma caboche...

* * * * *

De retour au campement le soir
... agréable repos sur la terrasse couverte,
pause thé et jeu de dés
après la douche au seau, avant le repas.

Demain matin, bus Sonef TV, "Nouvelle Génération"(sic)
Retour à Sévaré, Mopti...
Conformément aux usages Dogons
d'accompagnement au départ de ceux qui vous quittent,
Lélélé viendra avec nous à l'arrêt du bus
et nous tiendra chaleureusement compagnie une bonne heure,
jusqu'à ce qu'il nous ait vus enfin embarquer et partir.

Puis ce sera 2 jours plus tard
Bamako avec Bani Transport.
C'est la fin du voyage pour moi...

pour cette fois.


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20 avril 2010

Hombori Tondo, contrastes

Le mot du jour, Bonjour
20/04/10

09_petit_homme

Joyaux du Mali, on vient de loin pour les admirer les Tondos de Hombori. Contrastes des lignes, des couleurs, des biotopes... c'est à explorer dans cette nouvelle page:

bout_hombori_tondo_100
32. Hombori Tondo, point culminant du Mali


  La page 33, en préparation, ira voir Garmi Tondo, la Main de Fatima... Gardez l'oeil ouvert.

    Bonne balade ...

                 à bientôt ...


4 mars 2009

Hombori Tondo, point culminant du Mali

avant_dogonpage précédente:
en route pour Hombori,
chez Lélélé

 

massif Barkoussi

"Ah!... Le voici, le point culminant du Mali (1155m), (carte) tel qu'on le voit en arrivant du vieux village, après avoir traversé un vallon pierreux couvert de champs qui lui-même fait suite à une crête sur laquelle, versant opposé au mont, grimpe (ou dégringole, c'est selon... le sens de la marche) le village du même nom...?"

C'était du moins ce que je croyais avant que je n'étudie ce plan, tant aussi bien Lélélé que Oumar parlaient de "Monts Hombori", au pluriel quand moi je le voyais au singulier, obnubilée par la particularité "culminant"... Le mot Barkoussi que j'avais alors compris comme un nom de lieu-dit plus pittoresque  qu'un autre n'avait pas retenu mon attention comme il le méritait: 

carte des Monts HOMBORI

Le fameux point culminant, je ne l'ai vu que de loin. De son petit nom, Hombori Tondo: grand plateau circulaire de 2km², bordé d'à-pics de 300m de haut, 5km de falaises verticales sur lesquelles plusieurs voies sont équipées pour la varappe. Ce relief particulier a préservé à son sommet une biodiversité précieuse (voir: Le Mont Hombori : un modèle unique de compréhension de l'évolution de la biodiversité dans le Sahel.)

Là où nous sommes allés, sur les conseils que Lélélé a donnés à mon guide, c'est bien au massif de BARKOUSSI, que Lélélé, notre hôte, juge plus intéressant quand on ne fait pas de varappe...


Hombori Tondo n'est qu'une partie d'un massif composé de trois ensembles:

- Hombori Tondo : qui s'élève d'un seul bloc.
- Les Dômes Centraux: des dômes aux parois verticales séparés par des failles profondes, dont fait partie le massif de BARKOUSSI. Sur ces dômes des villages perchés, Dogons ou Songhaïs, agriculteurs pour la plupart.
- La Main de Fatima... à quelques kilomètres... (là, patience!... on ira y jeter un coup d'oeil dans la page suivante).


Abruptes et monumentales élévations de grès rose, façonné par l'érosion, contrastes magnifiques avec l'étendue à leurs pieds de l'immense plaine du Gourma.

Clic! dans photos >>> + grand!... + beau!
Titres dans infobulles au passage de la souris sur les photos.

 

vue sur la plaine à Hombori

Dôme vigie à Hombori

lit du torrent à sec, Hombori

 

 Pour cette balade, Oumar comptait juste nous approcher au plus près du départ des falaises, puis au pied des parois verticales, admirer le paysage et s'en retourner... C'est, me dit-il, ce qu'il fait habituellement avec les touristes qu'il amène là...

échelle de géant, HomboriPour moi, c'est un peu juste  savez-vous?... D'autant que, alors que mon guide profite de l'ombre de cet arbre identifié par lui comme étant la dernière halte avant la re-descente, moi, en prolongeant un peu sur ma gauche, je tombe sur un escalier aux marches de géant, lit asséché de torrent... qui me dit quoi à votre avis?... ben... "viens, viens...".

Ainsi fut fait...

Oumar découvre en même temps que moi, il n'était jamais allé plus loin que son arbre repère.
en réalité, sur ce secteur du Pays Dogon, je le crois moins calé qu'ailleurs.

 

L'escalier titanesque se glisse entre les deux dômes de gauche de la première photo. Je m'y sens Alice miniaturisée, je vais passer de l'autre côté du miroir...

 

contrastes

Nous amène jusqu'à ce col et de là redescend en éboulis plus que raide.

petit homme sur Barkoussi

On tente... Descente sportive...

vertige

Puis difficulté augmentant entre rochers hors de mesure, buissons épineux, pente se rapprochant de plus en plus de la verticale,  et Oumar visiblement pas un spécialiste du coin...

je jette l'éponge sur le miroir
et opte pour retour raisonnable par là d'où l'on est venu...
Ça fait rien, ce fut bien bon!... 

vue latérale depuis le Massif de Barkoussi


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ou Garmi Tondo ... cheminer
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15 avril 2010

arriver à Hombori...

Le mot du jour, Bonjour
15/04/10

17_vaisselle_chez_L_l_l__d_tailSur la route vers Hombori, je vous embarque dans ma bâchée, puis vous dépose chez Lélélé, dans son campement hospitalier...

Laissez-vous faire en ouvrant cette 31ème page d'un clic! sur titre ou icône :

bout_chez_l_l_l_100


31. en route pour Hombori, chez Lélélé

...La page 32, en cours d'édition, vous fera grimper sur ce mont Hombori, point culminant du Mali... Gardez l'oeil ouvert...

                       à bientôt...


4 mars 2009

en route pour HOMBORI, chez Lélélé

avant_dogonpage précédente :
La Banque Culturelle de Fombori,
contre le pillage.

 

 

 

Sur la route, entre Fombori et Boni,
au pied de la chaîne de Gandamia

 

sur la route vers Hombori

Paysages magnifiques...

Je suis aux premières loges pour apprécier.

Une des conséquences des choix faits par le guide dans cet art difficile: jongler avec les finances pour se ménager le plus de bénéfices possibles sur le forfait à la journée, tout en essayant de me satisfaire au maximum.

Clic! photos...>>> + grand, + beau


Ce matin-là, au départ de Fombori, il a préféré l'option taxi-brousse plutôt que bus. Pour optimiser le transport, a parié sur l'opportunité du marché de Boni (voir la carte), qui a lieu ce jour. Effectivement, véhicule très facilement trouvé pour partir, une bâchée chargée de tout ce que peut contenir une bâchée un jour de marché... (je vous ai déjà détaillé ça ICI, milieu de page: "les Bâchées sont mes chouchous").

Nous partons bien sûr quand il semble qu'on ne puisse plus glisser un papier à cigarette entre deux passagers. Mais, voilà... en cours de route, sur cette interminable ligne de goudron qui s'insinue entre grès vertical et immense plaine déserte et nue, croyez-vous qu'on aurait le cœur de refuser ces deux bergers peuls (ou bellas?) qui espèrent patiemment sur le bas-côté, entourés de toute la famille, de moutons... et de nattes liées en gros tas, préparées pour... ben... pour le marché de Boni!?... Ça serait vraiment manquer d'humanité!... D'autant que, contrairement à ce que pensait Oumar, on n'a pas vu grand monde sur cette N16...

Bon!... Pas d'problème ... on va se pousser, personne ne rechigne... Heureusement, c'est une bâchée minimaliste, juste les arceaux, pas de toile : ça permet de gagner de la place sur l'extérieur... Le chauffeur râle bien un peu planté devant le volume des nattes à rajouter sur ce qui dépasse déjà grandement de sa galerie de toit. Prend l'air de celui qui va vraiment pas pouvoir y parvenir.. Mais tout finit par trouver place, hommes et biens... et moi, mieux que tout.

Car... M'apercevant, comprimée dans un angle, et pensant peut-être que n'étant pas accoutumée à ce degré d'inconfort, ce pouvait être plus difficile pour moi que pour les autres, le chauffeur fait brusquement descendre un homme de sa cabine et lui octroie d'autorité ma place... Et c'est ainsi que je me suis retrouvée derrière ce pare-brise brisé, privilège que je n'avais pas demandé mais que je n'ai pas refusé, trop heureuse du confort relatif sur cette banquette où nous ne sommes que trois et surtout du bonheur de pouvoir ainsi, pendant le reste du trajet, profiter pleinement de la beauté de ces étranges paysages.

Le reste du trajet... nous laissera à mi-course!... au carrefour où la piste pour Boni quitte la nationale (carte). Carrefour désert qui ne rend pas vraiment ce que Oumar en attendait, à savoir le trafic salvateur de véhicules revenant du marché, trafic anticipé suffisant pour qu'on se dégote le truc à roues et moteur qui irait dans la même direction que nous et si possible, aussi loin... Mais  ce carrefour rend bien autre chose, une attente qui finit par se faire oublier, un temps étiré au-dessus d'une plaine où peu de choses pourraient arrêter le regard... Chaleur et économie de bruits, de gestes, de paroles... Et l'abri d'une obscure et minuscule gargote cubique, ficelage en sacs de mil refermé étroitement sur son îlot d'humanité... Heures suspendues que je vous ai déjà livrées dans ce bref roman-photo : sur le fil de l'attente (il vous faudra peut-être y zoomer pour lire les textes intégrés aux images, canalblog ne m'a pas aidée sur ce coup-là).


Chez Lélélé

 

chez Lélélé à Hombori

Presque en famille...

 

vaisselle chez LéléléLélélé a longtemps été guide. Il a construit ce campement à Hombori petit à petit. Il y vit avec sa famille, a plus ou moins levé le pied sur ses activités de guide et se consacre à l'accueil. On se sent bien chez lui...

Les enfants du campement

Ce petit bout de bonne femme au regard volontaire veut vraiment sa séance de pose spéciale enfants : elle prend les choses en main, organise son petit monde, fait ses choix de mise en scène pour elle-même et ses jeunes frère et soeurs...

enfants chez Léléléfratrie

Le campement, halte chaleureuse au bord du goudron, se nomme KAGA TONDO... Lélélé a un blog sur lequel vous trouverez plus d'infos:

http://lelele.skyrock.com/

De l'autre côté de la route, par-delà une crête sur laquelle grimpe le village ... le mont HOMBORI où je vous emmène dans la page suivante, si vous voulez bien m'y suivre...

 

massif Barkoussi à Hombori


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cliquer dans l'icône ci-dessous :                                        Hombori Tondo
point culminant du Mali
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2 avril 2010

Fombori, préservation du patrimoine Dogon

Le mot du jour, Bonjour
02/04/10

On va continuer avec le Pays Dogon... ce serait dommage de ne pas pousser jusqu'à Hombori, renommé, et ses étonnants paysages.
Mais d'abord, à l'écart de la N16, à mi-chemin entre Mopti et Hombori, une halte à Fombori et déjà le contraste entre le plan de la plaine et les verticalités de Gandamia... 2 nouvelles pages :


bout_fombori10029. Fombori, entrée dans la Chaîne de Gandamia


bout_banque_culturelle_de_Fombori10030. La Banque Culturelle de Fombori, contre le pillage

avec une visite au cimetière Tellem

... Cliquez donc !...

          à bientôt....


4 mars 2009

Fombori, entrée dans la chaîne de Gandamia

avant_dogonpage précédente :
rites funéraires Dogons II
sacrifices et masques
à la maison du mort



Au petit matin ce mercredi 16 janvier 2008, je quitte Mopti où j'étais revenue au retour des falaises de Bandiagara (pour voir ce retour, aller page "Mali, sur la route" le paragraphe du milieu : "attendre et y prendre goût"). J'ai de nouveau fait appel au guide Oumar, puisque suite de nouveau en pays Dogon. Une envie de pousser vers le nord-est, jusqu'à Hombori et la célèbre Main de Fatma... Bâchée jusqu'à Sévaré, puis bus jusqu'à Douentza...

situation Fombori Hombori

carte_Mopti_Fombori_Hombori

...plus exactement, FOMBORI, première halte, village à 4km après Douentza ...

Fombori village

cliquer dans photo pour profiter de la vue

Le village lui-même est à l'écart de la route (dire "le goudron"), la N16 qui aboutit à GAO et qu'on devine, ligne droite parallèle à l'horizon sur la photo, aux taches claires des bâtiments qui la bordent, parmi lesquels les campements.

A pied, belle rencontre et bout de conduite sur le trajet entre le campement du Gourma, au bord du goudron, et le village :

petit berger

fin de journée

retour des troupeaux

retour

Au village, fortement islamisé, suis séduite par un musée très particulier dont je vous parle dans la page suivante : le Musée Dogon de Fombori.

On retrouve autour de Fombori les massifs de grès ferrugineux, derniers reliefs de la falaise de Bandiagara et premières esquisses de la Chaîne de GANDAMIA, magnifique jusqu'à Hombori (vous verrez...2 pages plus loin).

grès ferrugineux, Fombori

chaîne de Gandamia

panoramique Fombori

faut vraiment cliquer dans photos pour profiter de la vue

Au-delà du village, dans ces rochers d'où j'ai pris ces photos, au-delà des 2 enfants accompagnateurs à droite, sont déposés là depuis des siècles, des ossements de TELLEMS... maintenant exposés et fragiles... à suivre


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cliquer dans l'icône ci-dessous :                    La Banque Culturelle de FOMBORI
contre le pillage
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4 mars 2009

La Banque Culturelle de FOMBORI, contre le pillage

avant_dogonpage précédente :
Fombori,
entrée dans la chaîne de GANDAMIA

 

 

 

banque culturelle de Fombori

 

Je veux, à Fombori, voir le musée Dogon dont le guide m'a parlé comme d'un lieu de grande authenticité pour sa propre culture. Fermé ... Il faut d'abord,  à travers le village, retrouver celui qui s'en occupe.

À l'entrée, sur une petite table, un registre ouvert, grand cahier dans lequel j'inscris à la suite de bien d'autres, mes nom et prénom, ma nationalité, la somme que je paye... dans des cases en lignes soigneusement préparées à la règle et au stylo.

La visite est guidée et commentée par celui qui nous a ouvert le musée.  En le comptant, nous voilà 4, mon guide Oumar, un ami à lui qui a souhaité nous accompagner, guide lui-même, croisé au campement du Gourma (et membre de l'association des guides) et sans client aujourd'hui, plus moi. Autant dire visite confidentielle.

Sous le faible éclairage, des statuettes rituelles de bois, des statues plus grandes, des bogolans, bijoux, poteries mêlés à des objets traditionnels du quotidien... Tout chargé de significations, une ambiance de sanctuaire, comme un reliquaire des us et coutumes Dogons dans un village maintenant fortement islamisé.

 


Musée ou banque?...les deux!... et voilà un remarquable fonctionnement que je m'en vais vous exposer rapidement:

Tout démarre par l'action d'un groupement de femmes de Fombori, sous l'impulsion de sa présidente Aïssata Ongoïba. Cherchant des sources de revenus, elles commencent en 1993 à organiser des expositions-ventes d'artisanats locaux adressées aux touristes... Une bonne idée qui amène plus tard les villageois à construire un bâtiment pour abriter ces expos. La future "Banque Culturelle de Fombori" est née. En 1996, elle est pleinement effective avec ses trois volets, 1ère banque culturelle du Mali, inaugurée en 1997.

Institution villageoise, la Banque Culturelle est à la fois Musée, caisse de micro-crédit et centre de formation. Les villageois qui souhaitent emprunter de l'argent à cette caisse déposent en échange et en prêt un objet culturel qui vient enrichir les collections du Musée. L'argent emprunté doit être réinvesti dans un projet rémunérateur. Mais aussi...

"Par la même occasion, ils peuvent bénéficier de formation en gestion et d'un perfectionnement en artisanat afin de répondre de façon durable et efficace à leurs besoins de développement social, culturel et économique et, par conséquent, améliorer leur niveau de vie." *

L'objet revient à son propriétaire quand l'emprunt a été remboursé. Durant toute la durée du prêt de l'objet, son propriétaire peut venir le chercher pour l'utiliser dans les rîtes célébrés et le ramener après. Toutefois, si un emprunt n'a pu être remboursé, l'objet engagé restera la propriété du musée (avec un taux de remboursement d'environ 93%).

 

En développant des activités génératrices de revenus, la banque culturelle assure un autre de ses principaux objectifs : mettre un frein au pillage du trésor culturel du pays, lutter contre la dispersion et le trafic (fléaux qui ont débuté avec les 1ers explorateurs, puis les intérêts des musées coloniaux et autres convoitises de collectionneurs ou trafiquants).

    "Dépositaires d'une riche tradition culturelle, les populations rurales sont aujourd'hui confrontées à une pauvreté endémique qui s'accentue lors des sécheresses récurrentes. Pour faire face à ces crises et se procurer des ressources financières, elles ont très souvent recours au pillage des sites archéologiques ou à la vente de leurs objets au profit des collectionneurs d'objets d'art..." *

* extraits d'un article de Aldiouma Baba Mory Yattara, très intéressant que je vous recommande vraiment de prendre le temps de lire:

"Les banques culturelles du Mali, une expérience porteuse d'espoir" Aldiouma Baba Mory Yattara : http://www.sudplanete.net/index.php?menu=arti&no=6724


Ainsi, quand nous leur avons dit au village notre intention d'aller jusqu'aux anciens cimetières Tellems, des vieux, inquiets et contrariés de nous voir partir vers les rochers, nous imposent-ils l'escorte de jeunes garçons, bien que mes deux acolytes soient eux-mêmes Dogons, respectueux et familiers de l'endroit...

ancien cimetière de Fombori

ceux qui furent

cimetière Dogon de Fombori

les ossements des ancêtres

anciens rites délaissésOssements mêlés, d'un autre temps, déposés générations après générations, dans des ruines haut perchées, escamotées par une roche complice.

Mais aussi,  pour les Dogons, présence tutélaire et vénérée de leurs prédécesseurs TELLEMS ...

 

 

Bizarrement, l'atmosphère y est plutôt paisible, très éloignée d'une sensation morbide... J'ai du respect pour ces vieux os blanchis qui veillent là depuis des siècles...

 

 

... pureté de l'air... beauté du paysage...vue panoramique sur Fombori

Le frisson un peu crispé, ce n'est pas là qu'on peut l'avoir...

le boucher du bord de pistePar contre, avec le boucher du village, au coin d'un chemin sur le retour... là, peut-être... animal fraîchement tué, et à ce titre bonne et saine viande appréciée par l'ami de Oumar qui en profite pour faire son marché.




Au campement du Gourma... un petit mot sur "les Amis du Gourma", association d'une trentaine de guides de la région, fonctionne comme une mutuelle qui gère le restaurant, le campement-hôtel, propose des circuits et apporte grâce à une caisse commune un petit revenu aux guides temporairement sans travail... indispensable union là aussi pour pouvoir subvenir aux besoins de chacun.


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chez Lélélé
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12 mars 2010

Dans les rêves de Alaye

Le mot du jour, Bonjour
12/03/10

Au-dessus de Yendouma Atô, pays Dogon, Mali... vous êtes invités à suivre Alaye Kéné Atô sur son beau chemin mystique.
C'est dans cette nouvelle page à ouvrir avec sérénité :

bout_alaye_futur_hogon100
page 26. Alaye, futur Hogon

où l'on retrouve les vestiges Tellems et les ancêtres...

    ...dont je vous parlerai un peu plus dans la page 27 en préparation (mythes fondateurs et culte des ancêtres)... Gardez l'oeil ouvert !

                   à bientôt...


4 mars 2009

Alaye, futur Hogon

avant_dogonpage précédente:
Une évolution
dans les dessins de Alaye




Ce jour, dimanche 17 janvier 2010,
Alaye me conduit jusqu'à ce qui est pour lui
le Saint des Saints, son rêve ultime.

les_secrets

Pour accéder à ces constructions inhabitées,
vestiges des habitations des Tellems,
il faut grimper au-dessus du village.

Alaye est devenu à Yendouma Atô
celui qui veille sur les Secrets
(masques, fétiches, objets rituels...)
Il s'assure du respect des tabous
et garantit la non-transgression des interdits.
Il fait autorité...

Tout au long de notre montée à travers le village
dans d'étroits passages encaissés
entre hautes clôtures de pierres,
les usuelles salutations à rallonges ricochent,
lancées joyeusement à Alaye depuis les concessions
par des personnes que nous ne voyons pas.
Alaye y fait écho sans trêve d'une voix chantante
qui ne s'interrompra qu'après la dernière maison habitée.
Fabuleuse musique...

vestiges tellems
03_les_secrets2

Cité interdite au profane, sacrée...

04_les_secrets4

Les Secrets sont enfermés ici,
dans cette case tabernacle ...évidemment inviolable.

Mais pas encore le plus émouvant pour Alaye,
il faut le suivre un peu plus loin, le plus beau est à venir...

05_résidence_du_hogon

06_les_secrets3

07_les_portes

C'est derrière ces murs qu'ont vécu, retirés,
les Hogons successifs de Yendouma Atô.
Choisi par les anciens pour être le prochain,
l'aîné des oncles paternels de Alaye s'y installera
après la période de dernière initiation.

Sur la question qui le taraudait en 2008,
Alaye est serein maintenant:
son tour viendra un jour, à son heure.
Mais d'abord, le temps de ses oncles...

 

porte de sortie

"Quand mon père est mort, il est sorti par là"

Il existe deux portes.
Il n'est pas possible pour le Hogon
d'entrer et "sortir" par la même porte.

08_l_entrée

C'est par cette porte qu'il entre,
puis vit seul derrière.

Quelques très rares hommes, initiés,
sont autorisés à en franchir le seuil.

Alaye souhaite que je continue à lui rendre visite
quand il sera Hogon.
Il viendra avec plaisir m'accueillir devant la porte.
Mais... il ne faudra surtout pas que je sois mouillée,
ni eau de pluie, ni sueur,
et que je n'ai rien de rouge sur moi.
Lui-même aura définitivement cessé de se laver.
Seul le serpent Lébé le nettoiera la nuit
en glissant sur son corps.

Le guide et moi restons respectueusement en retrait
tandis que Alaye va ouvrir LA porte
de ce sanctuaire dont sa qualité d'initié lui autorise l'entrée
et qu'il espère ardemment franchir un jour en tant que Hogon.

10_sa_maison

Puis se tourne vers moi, et s'adressant uniquement à moi,
m'invite du geste à m'approcher... encore, encore...
au plus près du seuil où je dois m'arrêter.
Comme la porte me cache encore
l'extraordinaire merveille qu'il voudrait que je vois,
il me tient en équilibre, basculée vers lui
qui s'est écarté,
mes pieds toujours rivés au dernier caillou autorisé.
...
et j'ai vu!...
Dans une petite cour, à droite de l'entrée.
Juste le temps d'un coup d'oeil.
Dressée.
Une pierre à sacrifice blanchie,
très haute, bien plus haute qu'un homme,
qui remplit Alaye d'émerveillement et de bonheur.

J'ai vu le coeur et la force du bonheur de Alaye.

11_redescente

 


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Amma, Yurugu, les Nommo, l'Homme
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4 mars 2009

Une évolution dans les dessins de Alaye

avant_dogonpage précédente:
Retrouver Alaye,
deux ans plus tard


 

 

 

Les premiers dessins de Alaye KÉNÉ ATÔ que j'ai découverts, des reproductions sur internet, étaient chargés de violence, de feu et de sang.

En bas de l'affiche présentée en page précédente, je vois la réalité de Alaye assumée maintenant par lui: l'accident originel, son amputation, la place centrale et bénéfique de la pierre à sacrifice dans sa vie qui tient à distance le traumatisme et son commerce apaisé avec les génies, à ses côtés derrière la pierre à sacrifice :

 

Quand j'ai fait sa connaissance, en janvier 2008, la plupart des dessins qu'il m'avait alors montrés avaient pour sujet le triangle [Génies/Pierre à sacrifice/Dogon] et ses très délicates inter-relations. (à voir dans l'album "Mali Alaye Kéné Atô, dessins" ) Aussi,  Alaye parlait beaucoup de son profond souhait d'être choisi un jour pour être Hogon (chef spirituel) et de ses efforts pour s'en montrer digne. Cela correspondait à une période rituelle où le village était sans Hogon. Les anciens n'avaient pas encore "capturé" celui qui succéderait au précédent, le propre père de Alaye, décédé depuis près de 2 ans.
Il m'avait présenté ses dessins de manière laconique : les génies, les pierres à sacrifice, les évènements représentés étaient juste nommés avec un air grave, absorbé.

Cette fois-ci, fin janvier 2010, les dessins foisonnent dans la mallette à trésor... Alaye a tellement de choses à en dire qu'après les premiers s'exclame : "Regarde, toi!... et mets de côté ceux que tu veux que je te raconte, je te dirai après. C'est trop long pour les faire tous."
Pendant que je trie, Alaye, assis à côté de moi, rit de bon coeur au passage de beaucoup d'entre eux, amusé par les situations qu'il a mises en scène...

mise en scène... oui, réellement car ce sont des petits contes, dont il donne un instantané final dans le dessin, mais dont l'histoire se déroule dans sa tête, un vrai film. Quand il raconte, il est toujours aussi absorbé, complètement dedans, comme happé, mais plus du tout grave. De l'humour s'est glissé là. Il termine beaucoup de ses histoires dans un éclat de rire.

Si les transactions autour de la pierre sont toujours présentes, je vois que le couple, la femme ont pris de plus en plus de place.

 

En pensant fortement à Alaye et son épouse, en voici un:

" La femme apporte de la bouillie de mil à son mari qui travaille aux champs.

Elle le trouve assis sous un arbre :

« Mon mari ..., tous les autres jours je te trouve en train de travailler dans les champs de mil et aujourd'hui, voilà que tu ne travailles pas comme les autres jours. Voilà que tu t'es assis à l'ombre d'un arbre. Que se passe-t-il ? Serais-tu malade ?

— Non, je ne suis pas malade. Mais le soleil tape très fort aujourd'hui. J'avais du mal à travailler et me suis mis à l'ombre.»

Mais en même temps, le Ômôlô-Shaytan s'approche de lui en secret et lui glisse à l'oreille : « Ta femme est bonne... Ne vois-tu pas que c'est une bonne personne ?... Tu dois te lever et te remettre à travailler pour elle car elle le mérite.» "

A voir la complicité qui unit Alaye et son épouse, les moments que Alaye passe assis près d'elle et le plaisir qu'ils prennent à discuter ensemble ... je rapproche ces inspirations nouvelles de ce que je lui ai entendu revendiquer ("c'est ma femme, elle seule!") et qui est écrit là: "...J'ai une seul femme..."

Vous pouvez retrouver ce dessin-conte avec 8 autres, à voir et lire dans l'album-photo : "Mali, Alaye contes dessins et mythes"


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30 septembre 2009

Vestiges Tellems des falaises de Bandiagara

Le mot du jour, Bonjour
30/09/09

06_vestiges_Tellems_et_greniers_dogons__Yayé

 

L'Histoire des archéologues tressée aux histoires de Oumar, guide Dogon... les habitats d'argile inclus dans la falaise... Ah!... mais!... qui sont les TELLEMS ?... réalités ou mythes, je prends tout et vous en tisse la page 15 que voilà :


bout_tellems15. Sous la bénédiction des Tellems, archéo-merveilleux

qui s'ouvre d'un clic! dans le titre ou l'icône

   avec alboum fotos nouvô très bô
                          "ruines Tellems"

       ... dans la page 16 qui se prépare, je vais mettre un peu de végétal dans tout ça, gardez votre fenêtre ouverte...

Les pages de 1 à 14 vous manquent ?... Vous les retrouvez ICI

                 à bientôt...  


 


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27 février 2009

Sommaire : section Maroc


charettes_pr_sommaire_maroc

Cette section compte (pour l'instant) 4 carnets :

 

MAROC I  > • FES > 5 pages et 6 albums photos

                               1. Entre FES el Jedid et FES el Bali, Bab DKAKEN
                               2. Place BAGHDADI, bab CHORFA, bab MAHROUQ
                               3. Fes EL BALI, souqs, fondouks et paix des âmes
                               4. Fondouq LABBATA, impressionnantes tanneries à Fes
                               5. Les tanneries CHOUWARA de l'intérieur

                               FES albums photos :

                               album_fes_portes  album_enseignes  fondouq_nejjarine

                               album_proth_siste_dentair  album_fes_mosqu_es  album_tannerie

haut ▲

 

MAROC  II  > • SAHARA/Désert > 12 pages et 6 albums photos

                               1. de MARRAKECH à ZAGORA
                               2. à travers palmiers et sables
                               3. Oasis sacrée et camp de base
                               4. Guide et chamelier
                               5. Marches, bivouacs... silence
                               6. Sables, regs et petites histoires
                               7. Feu nourrissier et fraîcheur du puits
                               8. la TAGELLA ou pain de sable
                               9. Odeur du pain et billet d'humeur
                              10. Objets trouvés
                              11. de ZAGORA à MARRAKECH
                              12. car ça aussi, c'est le voyage ...

                              SAHARA/Déserts albums :

                              album_ouarzazate  album_zagora  album_sable

                              album_bivouac  album_dunes  album_bahia

haut ▲

 

MAROC  III  > • MEKNES > carnet à venir... mais trois pages visibles:
                             De Meknes à Gaza, en passant par Charm El-Sheik
                             Miloud, artisan damasquineur à MEKNES
                             Damasquinerie à MEKNES un art à préserver

                              MEKNES albums photos

                              album_mekhnes_manif120  album_hri_Moulay_Ismaïl_Mekhnes  maison_aux_10_norias_mekhnes

                              album mausolée_moulay_ismaïl_mekhnes  ... à suivre

 

haut ▲

MAROC IV  > • MARRAKECH > 1 pages et 1 album photos

                               1. Peaux tannées, vente à la criée de Souk NHAL

                              MARRAKECH albums photos

                   album_bahia

haut ▲


Rappels:

  • Chaque carnet peut aussi se lire comme un livre, de la 1ère à la dernière page: un  bouton "avant" en haut de chaque page et un bouton "suite" au bas vous permettent de tourner les pages.
  • Tous les carnets de "Roots Voyage et Retours" sont également accessibles dans la colonne de gauche sous l'étiquette :
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25 novembre 2009

Journée de la violence faite aux femmes

Le mot du jour, Bonjour
25/11/09

Aujourd'hui, "journée de la violence faite aux femmes"... Vous entendrez sur les médias ces redoutables chiffres: "en France, une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son compagnon" ou " en France, une femme est violée toutes les 2 minutes " (France-Inter ce matin).

En France et ailleurs dans le monde, cette autre violence faite aux femmes et à l'humanité: l'excision...

annonce_ex

Excision... un mot tabou, enfermé dans le silence jusqu'en Occident...
Au Mali, plus de 90% des femmes de 15 à 45 ans sont excisées... Il m'est personnellement impossible d'y voyager sans voir, interroger, m'interroger, savoir, comprendre, dire et en parler, et parler aussi des femmes et des hommes qui s'attaquent à cette violence. lire la suite...


23 septembre 2009

route pour Amani, humains et spirituel, rencontres

Le mot du jour, bonjour
23/09/09

dans_les_pas_de

Voilà, tout est dit dans le titre, les rencontres:
celles que je n'ai pas faites, les crocodiles sacrés ... celles que j'ai faites, humaines...

et celles que je ne pourrais faire, inscrites dans des togunas-cathédrales...

et toujours celle de la beauté ...
Venez-y donc dans les 2 pages que voilà:


bout13. en chemin vers Amani, près de la mare aux caïmans

clic! dans titre ou icône

bout_fécondité14. Fécondité invoquée, les togunas d'Amani

clic! dans titre ou icône

... la page 15, en gestation, vous parlera bientôt des mystérieux Tellems...

Gardez l'oeil ouvert... à plus


5 mars 2009

Fécondité invoquée, les togunas d'AMANI

avant_dogonpage précédente:
en chemin vers Amani,
près de la mare sacrée

 

 

montée Vers le Grand Toguna de Amani

 

A Amani, comme dans d'autres villages dogons, existent plusieurs quartiers et plusieurs togunas... Mais il n'y a que là que j'ai vu ces représentations qui pourraient paraître bas-reliefs érotiques. Ils sont plus certainement à regarder comme une prière/protection concernant la fécondité.

...Togunas construits au ras des falaises, donc monter, descendre et parcourir des ruelles d'éboulis. Mais tellement beau!

Amani, toits nouveaux, paille fraîche

*****
rentrez dans les images... clic! dedans >>> +grand, +beau
glanez les info-bulles titres... posez la souris sur les images

*****

Au 1er toguna, sur une grande dalle-rocher,

Toguna érigé sur dalle rocheuse, Amani

on retrouve sur les piliers des figures connues...

 

bas-relief du masque Jeune Fille Peule bas-relief du masque Kanaga

la Jeune Fille Peule (voir ICI)... le masque Kanaga (ICI)...

...et ce couple... aux souhaits explicites
Les bras levés symbolisent toujours l'invocation aux esprits.

bas-relief Fécondité

A droite, on y distingue associés,
KANAGA, =cigogne,=hivernage/fertilité
et SIRIGE, le masque à étages =lignage, =maison de la GINNA,
famille patri-linéaire, les vivants comme les morts.
(voir post "AWA, la société des masques")

Quelques rochers, ruelles-éboulis
et concessions plus loin,
une concession à Amani

LE Lieu Public...

Le Lieu Public, point culminant de Amani

Grand Toguna sur espace public,Amani espace public, Amani

et réellement le plus beau toguna d'Amani à mes yeux.
Tourner autour, s'en remplir, toucher... émotions...
clic! dedans images >>> +grand, +beau
L'environnement en plus qui en rajoute:
silence, hauteur, pureté de l'air,
plaine sans fin en contre-bas,
vestiges Tellems au-dessus,
la longue ligne des falaises, minérales...

Toguna et Art Religieux Dogon, Amani

Scènes pastorales, danses des Masques rituels,
les dessins de la base valent bien un Gaston MOULY.
Sur un des piliers, un homme lutte avec un lion.

Combat tellem contre lion, bas-relief dogon à Amani poulet sacrifice?

Oumar m'assure que ce ne peut être qu'un Tellem...
Les Tellems? on laisse encore un peu (promis! page suivante)

C'est alors que, tournant le coin du toguna...
se révèle cette superbe présence :

 

Bas-relief dogon, invocation à la fécondité.

 

Que les esprits des ancêtres Poudiougo assurent une grande et belle descendance aux gens d'Amani...


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5 mars 2009

Atteindre Yendouma Atô... falaises de Bandiagara

avant_dogonpage précédente:
Sur le plateau
des trois Youga

 

 

Sur la carte, un couloir
entre les trois Youga et la falaise de Bandiagara...

Mais à échelle humaine, vraie plaine...
Des champs fertiles malgré le sable qui gagne.

Après la grimpette et le parcours plateau,
On la traverse plein soleil, pleine chaleur.
(J'ai, pour la 1ère fois de ma vie,
déjà souffert de la soif sur le plateau, page précédente
)

 

champs_youga piri

Nous quittons Youga Piri... cap vers les falaises.

 

pompe pompe

En chemin, là où plus souvent nous voyions les femmes,
corvée d'eau bien comprise, et l'âne pour porter.

Allez, on y va... progression:

plaine_entre_les_Youga_et_la_falaise
les_pieds_dans
sous_la_chaleur
dans_les_éboulis_invisible_Yendouma

et enfin, là, devant, Yendouma... si! ouvrez les yeux!
...à la lisière des arbres...
ah, oui... OK! votre oeil n'est pas encore fait...

Quoi?... vous n'avez pas cliqué dans photos pour agrandir?...
ben alors!?...

Bon!... j'explique... mon oeil qui commence à s'affûter
a repéré les typiques greniers à fourrage,
éparpillés dans les champs au loin devant nous,
dans la zone des arbres.
Jamais très loin d'un village, ces greniers...
A repéré aussi les huttes des bergers peuls
à qui on confie les troupeaux.
huttes_dans_les_éboulis_invisible_Yendouma

ce que vous auriez vu en écarquillant les quinquets
(extrait agrandi de la photo précédente)

...

réserves_de_fourrage

Nous y voilà...
Même si ça ne va pas vous sauter aux yeux,
Yendouma est là, tout près, dans les éboulis.

Yendouma

calme_apparent

ah!... c'est sûr
à pas vouloir ouvrir les photos +grand +beau
... vous verrez pas trop!


camouflage_éboulis

Tout-de-même!...
(extrait agrandi de la photo précédente)

***

La chaleur écrase tout, pas de mouvements...
mais le calme n'est qu'apparent.
A l'ombre des arbres, c'est jour de marché.

Yendouma_jour_de_marché

marché à l_ombre

15_ombre_lumière

Chance, car la semaine Dogon fait 5 jours.
Aussi, quand vous n'êtes pas du coin,
difficile de s'y retrouver dans les dates de marché.

"Vous savez où trouver Alaye Kéné Atô?"

Le guide demande plutôt à 10 qu'à 1...en Dogon bien sûr.
Voilà!... c'est plus loin, reprendre la marche...
Encore 20mn de sable et soleil jusqu'à Yendouma Atô.
On se l'est mérité mais... quel hameau!
petit bijou, décor de théâtre!

Yendouma_Atô

...il faut encore grimper...
contourner la mosquée
(ses craquants oeufs d'autruche)

Mosquée_Yendouma_Atô

et derrière...

enfin

Vous savez quoi?... j'ai le trac.

Je suis partie de France, il y a presque un mois,
avec déjà l'intention de rencontrer cet homme...
J'ai emmené avec moi pour le lui donner
le magazine dans lequel j'avais lu quelques lignes sur lui
dans un dossier consacré au Pays Dogon...

J'ai dans mon sac une petite liasse de papier à dessin
et des crayons aquarelle et pinceaux, peu de choses...

et là, j'ai le trac...

Avec ce phénomène intense:
le long chemin avant ce moment remplit le mot rencontre
d'un sens entier et profond,
quelque chose de simple, nu et originel.

à suivre...


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Grand Dessinateur Dogon
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12 novembre 2009

Sensation des origines aux trois YOUGA

Le mot du jour, Bonjour
12/11/09

Des trois Youga, trois villages sur leur bout de falaise détachée du plateau...Ben... je ne vous ramène aucune image... C'est la faute à la nature qui a repris ses droits...et mes yeux, mes pas.

à respirer dans les deux pages que voilà:


bout3yougapage 20.  Youga Nah, Youga Dogourou, Youga Piri

sur_le_plateau3youga

page 21. Sur le plateau des 3 Youga

pages à ouvrir d'un clic! sur leur icône ou leur titre.

J'espère que ces images-là feront quand même votre bonheur comme elles ont fait le mien.               

.... à bientôt...                   _27_pano1


5 mars 2009

Sur le plateau des trois YOUGA

avant_dogonpage précédente:
Youga Nah, Youga Dogourou,
Youga Piri


 

 

... en sortant de la page précédente,
c'est par là que nous débouchons...

depuis_le_plateau

La plaine sableuse du Séné Gondo
s'étire en bas jusqu'au Burkina Faso.

Au sommet, étrange paysage de roches nues, grès,
couleur vert-de-gris, ou noir veiné de rouge ferreux.

Immense et dépouillé

Superbe... ça me file une pêche d'enfer!

le_lit_du_Yamécherchez_l_homme_Youga
l_échelle_humaine_Yougaque_minéral

mettez-vous à échelle humaine: clic! dans photos, vous verrez l'homme.
... et puis... +grand, +beau... dans tout la page.

En surface, rien ne pousse,
la végétation va se nicher dans les failles.

entrailles

Des failles... qu'on traverse sur des passerelles,
les mêmes que d'autres que j'ai connues en Grèce,
dans les montagnes de l'Epire.

confiancefranchir

passerelle

Car il nous faut traverser ce plateau,
mini sur la carte, impressionnant au réel,
pour atteindre Yendouma (voir carte relief).
Ok!... c'est pas le chemin le plus simple
mais qui va le regretter?

nufaçonné

En chemin, une pierre dressée...
Bah, non! ce n'est pas un cairn... quoique...

pierre_dressée_anti_malédiction_youga

A cette pierre, le guide reconnaît
la limite entre deux communes.
Nous quittons Youga Dogourou,
nous entrons sur le territoire de Youga Piri.
Pierre gardienne et protectrice
qui éloigne les malédictions de la commune.
Pour entretenir la bienveillance des esprits
on y fait rituellement des sacrifices.

La balade plateau se termine
mais avant de redescendre,
panoramique sur les falaises en face
et le couloir qui nous en sépare
que nous allons bientôt traverser...

panoramique

pano1
pano2
pano3
pano4
pano5

...et descendre dans le vallon côté Piri

près_de_youga_piri

Rencontres...

priorité face_à_face

et toujours nous accompagnant,
vestiges d'eau et de Tellems (voir p.15)...

vestiges_d_eau_et_de_Tellems

... à suivre, pour atteindre Yendouma Atô.


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Falaises de Bandiagara
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